Le Chardonneret

795228-chardonneret-donna-tarttÉlevé par sa mère, Theo Decker est un adolescent New-Yorkais comme les autres. Mais par un jour de printemps, sa vie bascule. Alors que la mère et le fils doivent se rendre au collège pour une convocation avec le proviseur, ils s’arrêtent au musée afin que Mme Decker puisse découvrir une exposition sur les peintres flamands qu’elle affectionne. Subjugué par une jeune fille rousse, Theo quitte sa mère quelques instants… alors qu’une bombe explose dans dans l’enceinte même du bâtiment. Orphelin de mère, Theo se retrouve également propriétaire du tableau « Le Chardonneret » de Carel Fabritius, qu’il a subtilisé au musée, au milieu du chaos.

Avec ses presque 800 pages, « Le Chardonneret » de Donna Tartt est un roman fleuve, qui s’étale sur une dizaine d’années et deux continents, pour suivre le parcours de Theo Decker, et de ce tableau qui le hante, et dont il se sait le voleur. Si le début est prometteur et d’une grande maîtrise, le reste ne tient malheureusement pas toutes les promesses. En effet, j’ai été happée par le début (qui s’étire sur plusieurs centaines de pages tout de même), qui m’a rappelé Dickens. Cet adolescent, qui se retrouve orphelin de mère, et qui est recueilli par une famille riche, puis par un vieux monsieur qui sera son protecteur, a un petit air de Pip dans « Les grandes Espérances ». D’ailleurs, il n’est sans doute pas anodin que la jeune fille rousse qui fait battre son cœur se prénomme  Pippa (et est surnommée Pip à un moment du roman). Donna Tartt maîtrise son sujet, on sent qu’elle aime ses personnages et cette ville de New York qu’elle dépeint si bien. Et j’aurais aimé qu’elle continue sur sa lancée, tant l’histoire me semblait déjà riche et comportait assez de matière pour vivre.

Las, le roman change alors de direction et Theo doit quitter New York pour vivre avec ce père qui avait abandonné sa famille quelques mois plus tôt pour Las Vegas. Enfant traumatisé, Theo fait là des rencontres qui vont non seulement le faire sombrer mais aussi bouleverser de nouveau sa vie. Las Vegas n’est pas la capitale du vice pour rien. Ce passage m’a semblé interminable, redondant, dont l’intérêt s’est essoufflé à mesure que je tournais les pages. Si bien que j’ai été ravie quand Theo a de nouveau dû changer de ville. J’ai retrouvé du dynamisme dans l’écriture de Donna Tartt et une envie de recréer une unité. Mais pourtant, j’ai eu un sentiment de déjà vu en suivant le parcours de Theo (surtout dans sa relation amoureuse), et la fin choisie par l’auteur m’a donné l’impression de manquer de cohérence. En effet, le côté thriller qu’elle a insufflé à son roman m’a semblé hors de propos et en décalage avec le reste. Pour moi, il s’agit d’un artifice, totalement superflu, dont elle aurait pu largement se passer. Ainsi, je suis assez mitigée sur « Le Chardonneret », qui perd en éclat après un démarrage en fanfare. Mais la plume de Donna Tartt n’en reste pas moins extraordinaire. Je l’attends de pied ferme pour son prochain roman… certainement dans 10 ans ;)

« Le Chardonneret » de Donna Tartt a reçu le Prix Pulitzer en 2014 et est disponible aux Editions Plon.
795 pages. Janvier 2014.

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10 réflexions sur “Le Chardonneret

  1. c’est vraiment dommage qu’elle se soit embarqué dans cette partie thriller artificielle…il y a tellement de bonnes choses dans ce roman…

  2. Alors très clairement, autant j’étais très tentée quand il est sorti, mais depuis l’avis de Keisha (hyper élogieux) je n’ai lu que des billets mitigés, et tous les bémols des blogueurs (dont les tiens) me font fuir de chez fuir. Donc je ne le lirai pas à mon avis (ou peut-être un jour en poche, dans un moment de grand calme)

    • Oui, j’ai adoré le début, et puis après j’ai été déçue par la tournure de l’histoire, c’est vraiment dommage. J’irai voir le billet de Keisha pour comprendre à côté de quoi j’ai pu passer. Mais j’ai « Le Maître des Illusions » dans ma PAL, j’espère que je serai plus enthousiaste.

  3. Comme toi, j’ai adoré le début, j’y trouvais un côté Dickens et la période Los Angeles m’a perdue en route. Dis Marjorie, tu n’aurais pas envie de mettre une petite bannière en haut de ton blog? ;)

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  5. Pingback: Le chardonneret, Donna Tartt | Micmélo Littéraire

  6. Depuis sa sortie je passe devant dans les librairies (d’abord en GF, maintenant en poche), j’hésite à chaque fois, puis je finis par renoncer (bon, il est ÉNORME, ça dissuade). N’empêche qu’il m’attire irrésistiblement tant j’ai aimé « Le maître des illusions ». Je ne sais pas… il y a des livres comme ça, je me fais languir ;) (comme Confiteor, il est tellement gros, il me fait tellement peur et tellement envie en même temps !).

    • Je n’ai pas encore lu « Le Maître des Illusions » qui trône dans ma PAL, mais ceux qui ont lu les deux l’ont nettement préféré au Chardonneret. Et pourtant j’avoue que ça partait très bien. Mais la tournure du récit ne m’a pas convaincue. Confiteor est complexe et demande du temps et de la concentration, mais c’est un roman très ambitieux qui vaut qu’on le lise.

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