La petite Communiste qui ne souriait jamais

La petite Commla petite communisteuniste qui ne souriait jamais, c’est Nadia Comaneci, cette jeune gymnaste roumaine, qui à l’âge de 14 ans, est devenue la première gymaste à atteindre la perfection ! En effet, ce sont des 10 qui ont émaillé son parcours pour devenir Championne Olympique à Montreal en 1976. Mais derrière ce succès que tout le monde connait, c’est l’histoire d’une jeune fille, qui gravite entre différentes sphères : sportive certes, mais aussi médiatique, politique ou familiale. Un parcours fascinant décrit par Lola Lafon, qui a même imaginé des dialogues avec la championne.

« La petite Communiste qui ne souriait jamais » est un roman que j’ai dévoré… Il aurait pu être pour moi un grand coup de coeur, mais j’ai été déçue par la deuxième partie du roman relatant la fuite de Nadia Comaneci vers les Etats-Unis. J’y ai perçu un visage moins sympathique de cette championne, une vision beaucoup plus politique de l’histoire qui tranchait avec le traité du reste du récit. Mais cela n’est qu’un petit bémol tant j’ai aimé ce livre. Il faut dire que j’ai toujours été fascinée par le parcours de Nadia Comaneci. Cela vient peut-être (certainement?) du téléfilm de 1984, sobrement intitulé « Nadia » que j’ai dû regarder une bonne trentaine de fois quand j’avais 6-7 ans (vive M6 et les VHS, et merci papa et maman pour votre patience ! Car c’est fou le nombre de rediffusions que l’on peut enchainer sans se lasser quand on est petit). Du coup, j’ai souri aux passages du roman où Lola Lafon décrit qu’en 1976, des millions de petites filles ont « joué à Nadia », parce que ce fut mon cas à moi aussi (la souplesse et la grâce en moins), des années plus tard.

Mais mon attrait pour ce roman va évidemment bien plus loin qu’un simple sentiment de nostalgie. Car Lola Lafon livre ici un récit remarquable, non seulement par son style, mais également par son intrigue. Elle décortique la vie de gymnaste, le travail avec le coach, la relation à la nourriture, l’entrainement quasi-militaire, mais surtout la vie d’un corps. Un corps malléable, auquel on fait tout faire, même l’impossible, un corps en souffrance, un corps qui change avec le passage au statut de femme, désigné comme « la Maladie », un corps travaillé, où toute prise de poids donne l’impression d’être un « monstre » (en gros, passer du 34 au 38 ?). Et au-delà de la vie de gymnaste, Lola Lafon s’intéresse à la vie dans un pays communiste entre allégence au Parti, autorisations de sorties du territoire, manipulation de l’Etat… et ses faux-dialogues avec Nadia Comaneci permettent d’avoir également une autre vision et réflexion de l’Ouest, qui au même moment faisait aussi de toutes jeunes filles de véritables stars (Jodie Foster dans « Taxi Driver » par exemple).

« La petite Communiste qui ne souriait jamais » est un livre passionnant, dévoilant les coulisses de la vie de championne et une réflexion sur la politique de l’époque. Parfaitement documenté, il est difficile d’en démêler le vrai du faux. Ne serait-ce que pour la scène d’ouverture, il vaut sacrément le détour : Lola Lafon y décrit les JO de Montréal en 1976, où, même en connaissant les images et les résultats, on ressent le suspense, les gestes précis qui gifflent l’air, le coeur qui bat et même les actions aux ralenti ! On rentre alors de plein fouet dans le récit, pour ne plus le lâcher.

« La petite Communiste qui ne souriait jamais » de Lola Lafon est disponible aux éditions Actes Sud.
320 pages. Janvier 2014.

Et voici en images les prestations époustouflantes de Nadia Comaneci à Montreal :

 

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10 réflexions sur “La petite Communiste qui ne souriait jamais

    • Je vais aller lire ton avis. Je l’ai adoré ce livre, mais il faut dire que l’histoire de Nadia Comaneci, je la connais depuis que je suis toute petite, et j’ai du coup beaucoup d’intérêt et d’affection pour cette gymnaste (au-delà de la personne elle-même je pense d’ailleurs).

    • Franchement, c’est fascinant ces images ! J’ai toujours trouvé ça tellement spectaculaire. Moi qui suis aussi gracieuse qu’un bout de bois, c’est dire si j’aurais aimé en faire autant !

  1. Je ne l’ai pas encore lu mais ça ne saurait tarder. J’ai vu Lola Lafon à une conférence au festival Etonnants voyageurs, le thème du corps et de la femme en général m’attirent beaucoup !

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