Etranges Rivages

L’inspecteur Eetranges rivagesrlendur passe quelques jours dans la région des fjords où il a grandi, loin de Reykjavik. Pendant son séjour, il s’intéresse à des disparitions qui ont eu lieu plusieurs décennies auparavant : celle de Matthildur, en 1942, qui n’a plus donné signe de vie après qu’une une violente tempête l’ait surprise en pleine excursion dans la lande. Et celle de son jeune frère, Bergur, plus de 30 ans auparavant, lui aussi emporté par les intempéries et la cruauté sauvage du pays.

« Etranges Rivages » marque le retour d’Erlendur, pour un 7e épisode, qui le laisse loin de Reykjavik, et de ses enquêtes officielles, pour s’intéresser davantage à l’homme et à son histoire personnelle et familiale. C’est seulement la deuxième fois que je lis un polar d’Arnaldur Indridason : on m’avait offert « La Cité des Jarres » pour que je découvre la série, et à l’époque je dois avouer qu’il ne m’avait pas spécialement donné envie de poursuivre l’aventure. A tort peut-être vu le succès des enquêtes d’Erlendur. En tout cas, « Etranges Rivages » m’a plus réconciliée avec l’auteur, et son personnage de « loup solitaire un poil dépressif » (dois-je ajouter que dans mon souvenir il avait en plus des problèmes relationnels avec sa fille ? ;) Pour autant, passer de l’épisode 1 à l’épisode 7 (le grand écart, vous l’aurez compris), ne m’a pas semblé trop perturbant pour la lecture. En effet, l’environnement est déconnecté du reste de la série : Erlendur enquête en solo, sans ses collègues policiers, et tous les personnages semblent nouveaux dans l’intrigue. Ce n’est qu’à la fin, alors qu’Arnaldur Indridason évoque les destins de personnages récurrents qu’un certain flou s’installe, et que notre curiosité est piquée. Mais ce serait bien réducteur et présomptieux de dire que l’on comprend parfaitement la personnalité et le parcours d’Erlendur, il nous manque certaines cartes en main.

Alors que penser de ce crû 2013-2014 ? Un roman intéressant par sa psychologie et son incursion dans le passé. A l’aide de flashbacks, on en apprend davantage sur l’enfance d’Erlendur, les faits qui ont amené sa famille à déménager à Reykjavik, le délitement qui en a résulté, et surtout le traumatisme pour le jeune Erlendur d’avoir perdu son frère dans des conditions dramatiques, où le doute et la culpabilité surgissent sans cesse. L’écriture d’Arnaldur Indridason est remarquable : on sent la nuit, le froid, la rudesse des hommes et de la nature, la solitude… On a même l’impression d’être pris dans une atmosphère où tout est figé, comme hors du temps. Le rythme est lent, certes, mais il permet d’installer justement cette ambiance si réussie. L’histoire est telle qu’il manque le suspense lié à ce genre littéraire : en effet, l’enquête d’Erlendur se base sur des faits survenus bien longtemps auparavant. Néanmoins, on ressent tout de même une certaine tension, comme si le danger rôdait toujours : on se dit qu’à force de remuer le passé, Erlendur va certainement réveiller non seulement de vieux démons, mais également de vieilles rancoeurs. J’ai apprécié ce roman, sans aucun doute, mais je ne saurais dire, il me manquait un petit quelque chose pour être totalement séduite. Mais je me laisserai certainement tentée par le reste de l’oeuvre d’Arnaldur Indridason pour me faire une meilleure idée de la série.

« Etranges Rivages » d’Arnaldur Indridason est disponible aux éditions Points.
354 pages. Mai 2014.

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11 réflexions sur “Etranges Rivages

    • Merci Laure, c’est gentil. Je te ferai signe si jamais. Mais j’ai plein de polars à finir entre temps (j’en lis seulement un par mois, du coup j’ai un peu le temps de voir venir).

  1. Alors moi, c’est mon préféré de la série mais effectivement, si tu n’as pas lu les autres (ou au moins quelques autres car je ne les ai pas tous lus) peut changer son appréciation je pense. Je trouve que c’est le plus poétique des volumes de la série.

  2. Pingback: Etranges rivages, Arnaldur Indridason | Micmélo Littéraire

  3. Pingback: Bibliomaniacs : Episode 7 | Le Coin des Livres

  4. Bonjour Marjorie, j’ai lu tous les Indridason et celui-ci avec cette enquête dans le passé m’a emballée d’autant plus que l’on retrouve Erlendur avait « disparu » (en vacances) dans les deux tomes précédents (La rivière noire et La muraille de lave). Bonne journée.

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