Le Manoir de Tyneford

manoir de tynefordVienne, printemps 1938. Parce qu’ils sont Juifs, Elise Landau et sa famille sont contraints à l’exil. La jeune fille est envoyée en Angleterre, pour devenir domestique au manoir de Tyneford, malgré son appartenance à la bonne société autrichienne. Pendant ce temps, ses parents et sa soeur ainée attendent leurs visas pour partir aux Etats-Unis, dans l’espoir qu’Elise puisse les y rejoindre rapidement. En attendant, Elise doit se faire à sa nouvelle vie et trouver sa place à Tyneford.

Dès les premières lignes, je me suis laissée embarquer dans ce manoir de Tyneford. En effet, la description du début donne tout de suite le ton : « Personne aux alentours. J’entends tinter les verres qu’on dispose pour l’apéritif. Un vase de camélias blancs trône sur la table de la terrasse. Dans la baie, les bateaux de pêche dansent sur les flots, leurs filets largement étendus. L’eau clapote contre leurs coques. Nous n’avons pas encore été exilés. Les cottages ne sont pas réduits à des tas de pierres sur la plage, les noisetiers et les prunelliers ne percent pas le dallage des maisons du village. Nous n’avons pas livré Tyneford aux fusils, aux tanks, aux oiseaux et aux fantômes ». Il faut dire que j’aime l’Angleterre et les histoires se déroulant pendant les années 40 (à égalité avec les années folles aux Etats-Unis et la Russie des Tsars). Ce livre a assurément un charme britannique avec sa grande et belle demeure qui commence à souffrir du temps qui passe et du manque de moyens, ses domestiques au flegme so British, sa mer houleuse et son petit village de pierres en contrebas.

Mais ce qui fait aussi le charme du récit, ce sont bien sûr ses personnages. J’ai aimé Elise qui est tout simplement attachante : elle n’a pas la grâce et la beauté de sa soeur ainée et de sa mère, mais elle possède le charme, l’innocence et le bagou d’une jeune fille de 19 ans. Elle arrive à Tyneford avec son Anglais épouvantable et sait se faire aimer immédiatement ; elle navigue entre deux classes : pas vraiment domestique, pas aristocrate non plus (ce que les riches de ce monde lui font bien comprendre), mais prend de plus en plus confiance en elle et doit quitter le monde réconfortant et rassurant de l’enfance pour prendre ses responsabilités. Les déchirements de la guerre qui s’annoncent sont terribles, Elise craint le pire pour ses parents restés en Autriche, et vit dans l’attente des nouvelles de sa soeur de l’autre côté de l’Atlantique. Et puis, bien évidemment, « Le Manoir de Tyneford » ne remplirait pas le contrat s’il n’offrait pas un côté plus romanesque à l’histoire. Les rôles masculins sont donc portés par Christopher Rivers (alias le maître des lieux) et son fils Kit, la vingtaine dynamique et audacieuse. Tous deux auront leur rôle à jouer dans la vie d’Elise.

Si je n’ai pas adhéré à tous les rebondissements de l’intrigue (certains étant quelque peu prévisibles) et au parcours d’Elise qui ne m’a pas toujours semblé très crédible, je me suis laissée porter par le récit, qui a sû conserver son intérêt sur plus de 500 pages, sans jamais lasser ou exaspérer. Je dois avoir assurément un petit côté fleur bleue, car Natasha Solomons a su me conquérir pour me faire passer un joli moment de lecture. C’est tout ce que je souhaitais en ce mois d’août :)

« Le Manoir de Tyneford » a été un véritable coup de coeur pour Galea. Eva et Valérie ont été moins enthousiastes.

« Le Manoir de Tyneford » de Natasha Solomons est disponible aux éditions Le Livre de Poche.
528 pages. Avril 2014.

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8 réflexions sur “Le Manoir de Tyneford

  1. Rho oui, moi je l’ai vraiment bien aimé, même si c’est vrai que l’ensemble est moyennement crédible, je l’ai lu à un moment extrêmement propice il faut dire, je suis vraiment contente que tu l’aies aimé (même moins que moi ;-)
    Des bises

    • Oui mais on se laisse emporter, il y a des émotions et du suspense, un beau manoir et des personnages bien campés (sinon je ne t’aurais pas envoyé des textos pour partager mes ressentis de cours de lecture ;). Et puis c’est l’Angleterre quand même, rien que pour ça, ça donne du charme.

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