Jacob, Jacob

jacobJuin 1944 : Jacob Melki, jeune Algérien juif, est incorporé sous les drapeaux pour « sauver la France ». Il quitte alors sa famille et Constantine, pour suivre un entraînement militaire, avant de débarquer en Provence. La France, ce pays dont il avait rêvé pendant des années, se découvre alors sous de sombres lumières.

Difficile de ne pas être ému par le récit de « Jacob, Jacob » qui relate un pan assez méconnu de l’Histoire (la mobilisation des Juifs d’Algérie pendant la Seconde Guerre Mondiale, eux qui avaient été spoliés de leurs droits par le Régime de Vichy). Avec un souffle intimiste, fait de tendresse et de sensibilité, Valérie Zenatti nous fait entrer dans la vie de Jacob Melki. Un récit qui débute dans l’ensoleillée Constantine, où la famille du jeune homme s’entasse dans un appartement minuscule, faute de moyens. Et qui se poursuit ensuite sur le Front, où Jacob, avec toute l’innocence de son âge, va découvrir le pire que l’Homme peut offrir. Mais avec ses compagnons d’infortune, tous d’origines et de milieux différents, il va découvrir également l’entraide et l’amitié.

« Jacob, Jacob », cette répétition qui fait penser à une prière qu’on psalmodie pour que l’enfant chéri revienne à la maison, parle également d’identité. « Jacob, Jacob », contre la perte d’identité, où avec la guerre, les hommes ne deviennent plus que des numéros, des matricules sur la poche d’un uniforme, sur un registre administratif. « Jacob, Jacob », que l’on répète également contre l’oubli. Pour penser à celui qui apporte joie de vivre et amour à une famille qui ne le montre pas forcément.

Car dans la famille Melki, les hommes ont des attitudes faites de rudesse, auxquelles Jacob échappe. Mais pas son neveu, qui subit les foudres de son père et de son grand-père, pour avoir désobéi aux règles. Quel rôle cette enfance a-t-elle eu sur le jeune adulte qu’il est devenu, lui qui se battra aux côtés des Français pendant la guerre d’Algérie ? Valérie Zenatti explore les comportements, les traditions, sans jugement, sans préjugé. On ne peut qu’être touché par le destin de cette famille, et surtout par ses femmes. Madeleine, la belle-soeur de Jacob, qui ne vit que pour l’amour de ses enfants, ou encore Rachel, sa mère, partant à la recherche de son fils dans toutes les casernes de Togourt, pour le saluer une dernière fois avant son départ pour la France. Oui, difficile de ne pas être ému, voire bouleversé par ces destins, dont Valérie Zenatti s’est emparée avec beaucoup de délicatesse et de pudeur.

C’est un coup de coeur également pour Laure. Eva a été en revanche moins enthousiaste.
Merci à ma binomette Galéa pour ce roman, que j’ai dévoré sur le trajet pour Nice !

« Jacob, Jacob » de Valérie Zenatti est disponible aux éditions de L’Olivier.
165 pages. Août 2014.

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10 réflexions sur “Jacob, Jacob

  1. pas vraiment accroché effectivement, même si le sujet est très intéressant…j’ai l’impression d’être passée à côté du livre…une rencontre ratée pour moi

    • Oui, moi aussi il m’a beaucoup émue, j’ai même versé ma petite larme à plusieurs passages. Et pour le style, j’ai aimé ces longues phrases qui coulent. Tu retrouveras un peu le même procédé dans le Kerangal (mais tu seras un peu habituée ;)

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