Mudwoman

mudwomanAbandonnée par sa mère dans les marais des Adirondaks, Mudwoman est sauvée avant d’être adoptée par un couple de quakers. A l’âge adulte, riche d’une carrière exceptionnelle, elle est nommée Présidente d’une prestigieuse Université. Mais dans cette nouvelle mission, exigeante et prenante, le passé de Mudwoman ressurgit.

Entre passé et présent, fantasmes et réalité, Joyce Carol Oates dépeint dans « Mudwoman » une femme qui perd pied. Victime des démons de son passé, de sa solitude et des exigences de son nouveau poste, Meredith Ruth Neukirchen, alias Mudwoman, défaille. Pour la première fois. Mais avec quelle violence ! Sa vie réelle s’efface, au profit de cauchemars, sordides et inquiétants. Où s’arrête le rêve ? Ou reprend la réalité ? C’est cette frontière, déjà fine, que Joyce Carole Oates cherche toujours plus à atténuer, pour embarquer son lecteur dans un monde parallèle peuplé de monstres, où Mudwoman, telle une héroïne de contes, doit puiser au plus profond d’elle-même pour renaître et éloigner le mal qui l’entoure.

Le déclin de son héroïne est-il un parallèle que Joyce Carole Oates fait avec le déclin de son pays ? C’est une question que l’on est en droit de se poser. En effet, Mudwoman apparait parfois comme un personnage utilitaire, faire-valoir de l’opinion personnelle de son auteur : sur l’intervention américaine en Iraq, la religion ou encore l’enseignement supérieur, que Oates connait particulièrement bien. Mais ce discours, loin d’être unilatéral, réussit à concilier les avis des deux camps pour dépeindre les sphères intellectuelles américaines et les luttes politiques et idéologiques qui s’y nouent.

Joyce Carol Oates arpente le subconscient de son héroïne, pour nous livrer un récit sur le fil, au bord de l’étrange, dans ce qu’il peut avoir de plus envoûtant mais aussi de plus sordide. Forte et fragile à la fois, insaisissable et mystérieuse, Mudwoman est un personnage étonnant, sans cesse au bord du gouffre. Un récit qui apparait comme un ovni littéraire, dont la richesse et la complexité offrent plusieurs pistes de lecture, mais qui laisse aussi une impression de malaise.

« Mudwoman » de Joyce Carol Oates est disponible aux éditions Points.
576 pages. Octobre 2014.

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11 réflexions sur “Mudwoman

  1. ça me fait penser que cela fait une éternité que je n’ai pas lu de roman de Joyce Carol Oates…pas sûre que celui-ci me plaise cependant, j’ai toujours du mal avec l’onirique…

  2. Je ne l’ai pas vu comme une roman fantastique (pour répondre à Jérôme) et j’ai aimé ce roman. Ce n’est pas mon préféré de l’auteure. Par contre, j’ai abandonné son dernier, un bon gros pavé.

  3. J’ai tellement de romans de Oates, mais depuis quelques temps je l’ai un peu lâchée. Ton article donne envie cependant. Il est très intéressant . Mais je ne suis pas sûre de le lire.

    • Trop de livres à lire, je te comprends, c’est frustrant de faire des choix ! En tout cas, j’espère que tu as noté que le personnage utilitaire, c’est en référence à toi ? ;)

  4. Pingback: Prix du meilleur Roman des Lecteurs de Points 2015 : les Résultats | Les Mots de Marjo

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