Un Livre, Un Lieu

La semaine dernière, mon amie et binômette Galéa m’a tagguée sur la thématique : « Un livre, un lieu ». C’est Romanza qui a créé ce tag, dont l’objectif est de faire revivre ces lectures que l’on associe à des lieux en particulier, et qui restent gravées dans nos mémoires et dans nos coeurs de lecteurs. Alors, je me prête à mon tour à cet exercice pour vous révéler les lectures qui m’ont marquée, en espérant que ma mémoire de poisson rouge ne me fasse pas défaut !

deux pour une

« Deux pour Une » d’Erich Kästner
1995/1996, Yvelines : Je suis en CM2 et je n’arrive pas à lâcher ce roman racontant l’histoire de Louise et Lotte, deux jumelles séparées dès l’âge de 2 ans suite au divorce de leurs parents, et qui se « rencontrent » en colonie de vacances. Elles décident alors d’échanger leur place lorsqu’elles rentrent dans leurs familles respectives. J’étais tellement passionnée par cette histoire, que je me revois l’emporter à l’école et me hâter de finir mes exercices en classe pour pouvoir me replonger dans sa lecture. C’est un de mes premiers souvenirs de lecture.

« Dix petits Nègres » d’Agatha Christie
1996/1997, Finistère : Je suis chez ma grand-mère pour les vacances et je dévore cette enquête où dix inconnus se retrouvent dans une maison isolée sur l’île du Nègre, conviés par un mystérieux hôte. Avant que chacun se voit accusé d’un meurtre lors de la première soirée. Et que les premières morts surviennent, toutes en lien avec une mystérieuse comptine. Là aussi, impossible de le lâcher, et surtout je me rappelle l’avoir terminé tard le soir, alors qu’il faisait nuit noire et que la pluie tambourinait aux fenêtres de ma chambre. Je vous assure que je n’étais pas du tout rassurée (faut-il ajouter que ma grand-mère habite une maison en pleine campagne avec peu de voisins autour?).

les miserables« Les Misérables » de Victor Hugo
Août 1999, une plage en Espagne : C’est les vacances d’été (donc j’ai choisi moi-même ma lecture, peur de rien ;) et je dévore les 2000 pages du roman de Victor Hugo, où se mêlent les destins de Jean Valjean, Cosette, Gavroche, Marius, des Thénardier et des étudiants qui font la révolution sur les barricades. C’est fascinant malgré ses longueurs (coucou les centaines de pages consacrées aux égouts de Paris !), et je m’attache à Jean Valjean, un des grands héros de la littérature Française. D’ailleurs pour la première fois, je pleure devant un livre : Victor Hugo a en effet la mauvaise idée de faire mourir Jean Valjean, et ça me fend le coeur.

« Le Rouge et le Noir » de Stendhal
Printemps 2001, du coté de Bordeaux : Je suis en seconde et ce classique de Stendhal fait partie des lectures obligatoires pour le cours de Français. Le désir d’ascension sociale de Julien Sorel, son histoire d’amour avec Mme de Rênal, sa rencontre avec la jeune Mathilde, et son destin tragique, tout y est raconté de façon formidable. Mais mon coeur de midinette a été choqué par la fin et je me souviens avoir eu du mal à m’en remettre. Pourtant, quand je l’ai relu en prépa pour une khôlle de français (on avait le thème de la passion à étudier pour les concours), je me suis dit qu’il ne pouvait pas y avoir d’autre fin, finalement. Comme quoi, on ressent les lectures différemment selon l’âge auquel on les aborde.

gatsby« The Great Gatsby » de Francis Scott Fitzgerald
2003, du coté de Bordeaux : Pour le baccalauréat, je prépare « The Great Gatsby » en Anglais Renforcé, et je passe donc mon année à disséquer l’oeuvre de Francis Scott Fitzgerald. C’est la première fois que je lis un roman entier en anglais. Je suis sous le charme de Jay Gatsby et j’ai envie de gifler Daisy, son égoïsme et ses minauderies. J’aime tout : les changements d’ambiance, la folie des années 20, la critique de la société, la profondeur de Gatsby, même le style volontairement pompeux de Fitzgerald. Je lis le livre à la maison et j’en étudie des parties en cours. Alors, ce n’est pas pour rien si Jay Gatsby est un de mes chouchous littéraires !

 « Orgueil et Préjugés » de Jane Austen
Octobre 2005, Grenoble : Une amie de ma résidence étudiante s’étonne : « Quoi, mais tu n’as jamais lu Jane Austen ? » et s’empresse donc de me prêter son exemplaire de « Orgueil et Préjugés ». Je le lis donc dans mon petit studio entre deux cours et j’adore. Sous son apparente légèreté, c’est plein d’esprit, avec des personnages truculents et bien campés. Jane Austen égratigne la gentry Anglaise avec délice et nous offre une superbe histoire d’amour. Et puis, honnêtement, qui peut résister à Fitzwilliam Darcy ?

atonement (1)« Expiation » de Ian McEwan
Janvier 2008, Sydney : La couverture de « Atonement » me fait les yeux doux à la librairie puisqu’on y voit le charmant James McAvoy dessus (je ne vous ai jamais parlé de James McAvoy?). En effet, l’adaptation cinématographique de Joe Wright le met en scène aux côtés de Keira Knightley. Je tente donc la lecture du roman en anglais… mais je suis obligée d’abandonner. Le style est trop ardu pour moi. Ca me marque, c’est la première fois en 12 ans que j’abandonne un livre avant la fin (la 1ère c’était « L’invasion de la Sicile par les Ours » de Dino Buzzati en primaire). Mais ce n’est que partie remise, car je renouvelle l’expérience quelques temps plus tard, cette fois en Français, et dans le ferry entre Athènes et Santorin. J’ai été soufflée par le destin de ces personnages, et de tant d’injustices, même si je dois avouer que je me suis parfois ennuyée. Le film, sublime, m’est resté davantage en mémoire, tant il m’a émue.

« La Revanche des Spellman » de Lisa Lutz
Août 2010, San Francisco : Premières vacances en deux ans. J’en profite pour aller voir un de mes meilleurs amis qui est parti vivre à San Francisco et je choisis le nouvel épisode de la famille Spellman pour m’accompagner, l’intrigue se déroulant dans la même ville. Je suis une fidèle des aventures de cette famille de détectives complètement déjantée, car c’est toujours une lecture facile et plaisante, avec beaucoup d’humour. Et le personnage principal est juste énorme : un brin looseuse et avec un bon lever de coude, qui manie la mauvaise foi avec brio et utilise tous les moyens pour arriver à ses fins (espionner aussi bien sa famille que ses petits-amis, faire du chantage etc), Isabel Spellman est l’anti-héroïne par excellence, avec une sacrée répartie. Bref entre deux visites, je me régale !

le quatrieme mur« Le quatrième Mur » de Sorj Chalandon
Janvier 2014, Paris : J’ai attendu d’être sûre que ce roman ne soit pas dans les sélections du Prix ELLE pour enfin m’autoriser à l’acheter et le lire (chez moi, je me cale confortablement sous mon plaid par une fraiche après-midi). La plume de Sorj Chalandon m’emporte une nouvelle fois pour raconter cette histoire de pièce de théâtre montée en pleine guerre au Liban, avec des comédiens issus de communautés différentes. On y voit la peur, la violence, mais aussi l’amitié, ça sent la terre, la poussière et le sang. Je suis bouleversée en tournant la dernière page. Et je suis très heureuse de rencontrer Sorj Chalandon au Salon du Livre en mars :)

« Jacob, Jacob » de Valérie Zénatti
Septembre 2014, dans le train Paris-Nice : Le soir même, on enregistre un épisode de Bibilomaniacs avec Galéa à Nice. J’ai fini « Le Fils » de Philipp Meyer la veille et il me reste un dernier roman à lire pour notre programmation du mois d’octobre (en mode procrastination). Entre deux textos avec Galéa, je me plonge dans l’histoire de Jacob Melki, jeune homme juif algérien qui fait le Débarquement en Provence. Là encore, je suis très émue, par ce récit bien sûr, mais aussi par l’écriture de Valérie Zénatti, avec son souffle intimiste et sa délicatesse. Le plus beau roman de ma rentrée littéraire jusqu’à présent.

En relisant cette liste, je me rends compte que les livres qui me marquent le plus sont ceux qui m’ont émue. Il faut dire que je suis une grande sensible :) Et puis comme j’ai oublié la date et le lieu de lecture de nombreux autres, ce sont les premiers qui me sont venus à l’esprit.

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18 réflexions sur “Un Livre, Un Lieu

  1. Je suis d’accord, c’est un tag qui nous permet de revenir sur de superbes moments vécus avec un livre entre les mains, et il donne par ailleurs beaucoup d’éléments sur la puissance, la force, l’impact, qu’un roman a sur nous!

  2. Moi aussi, j’adore ce tag et j’adore lire vos réponses. Deux pour deux, ma fille l’a aussi beaucoup aimé. Les dix petits nègres nous rapprochent mais j’aurais aussi parler de Rouge et du noir, étudié deux fois, une fois au lycée, une fois à la fac et beaucoup mieux apprécié à la fac. Peut-être qu’un peu de maturité ne nuit pas pour mieux comprendre les textes littéraires. ;)

    • Oui je suis tout à fait d’accord, il y a certains livres qui demandent une certaine mâturité, et j’ai beaucoup plus apprécié Le Rouge et le Noir à ma deuxième lecture (tout comme toi en fait).

  3. Tu sais qu’on est pas binômettes pour rien toi et moi hein!! Je savais que tu y mettrais une histoire de gémellité , je souscris à Agatha comme tu le sais (cette femme est à mon avis la plus présente dans ce tag sur la blogo), je viens de finit Gatsby et j’ai adoré, Jacob Jacob m’a comme toi beaucoup émue, qu’est ce qu’on a pu en parler de Sorj punaise (pire que s’il avait été dans notre sélection), Spellman a été un bonheur à lire (et je t’en remercie encore), et j’ai adoré Expiation.
    Bref , il me plait ce tag, et merci encore d’avoir joué le jeu.

    • Ouiiiii ça a été dur de choisir, mais ma mémoire de poisson rouge a fait le tri pour associer les lieux :) Merci à toi de m’avoir nominée, c’est un exercice très sympa à faire, et c’est top de lire les réponses sur les autres blogs.

  4. J’ai adoré les sept premiers (Deux pour une m’avait aussi beaucoup marquée quand j’étais petite) ! Pas encore lu les trois derniers, mais j’ai le premier tome des Spellman en anglais dans ma PAL, et Sorj Chalandon fait partie des auteurs que je dois absolument découvrir.

  5. j’adore ce principe bravo pour ce tag
    deux pour uuuuune ! Gros coup de cœur au même âge que toi !
    je ne suis pas d’accord pour le Mc Ewan par contre , je trouve le film plein de gadgets, et j’ai largement préféré le livre ce coup-ci :)
    Génial de t’imaginer lire les misérables sous le soleil à la plage… très adapté.

    • Ahah oui c’était très adapté ;) Pour Expiation, j’avoue que j’ai vu le film avant donc je ne l’attendais pas ce final ! J’avais bien mis 30 minutes à m’en remettre (et puis c’est James McAvoy quoi ;), du coup je n’avais plus le suspense en lisant le livre. Mais dans l’autre sens, en connaissant le déroulé, j’aurais peut être été plus critique sur le film.

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