Kinderzimmer

1944 : Mila, jekinderzimmerune résistante Française est arrêtée et menée au camp de de travail de Ravensbrück. Mais dans cet endroit, où la mort rode à chaque coin, Mila est enceinte et  doit se battre pour survivre.

Il est difficile de parler de « Kinderzimmer » tant le sujet est grave et douloureux. La lecture en elle-même est loin d’être évidente tant le climat est lourd. Tout est retranscrit avec précision par Valentine Goby. On sent l’horreur, la maladie, l’insalubrité, l’agonie des corps et des esprits, l’espoir qui s’enfuie. Sans chercher à être larmoyante, sans tirer sur la corde sensible, Valentine Goby n’a besoin que de poser ses mots, précis, objectifs, pour décrire le pire. L’atmosphère est terrible, si bien que j’ai eu besoin de faire des pauses pendant ma lecture pour pouvoir souffler un peu. A plusieurs reprises, j’ai eu le coeur au bord des lèvres, certains passages sont presque insupportables, il n’y a pas de répit, c’est une chute sans fin, inéluctable, dont on a l’impression de visualiser chaque instant.

Mais dans cette noirceur, surgit un peu d’espoir : une solidarité entre certaines femmes pour aider Mila et son enfant à naître, des petits instants de bonheur pour fêter un anniversaire, pour protéger une cousine, une mère, une amie. Avant que l’horreur ne revienne. Avant que la mort ne refasse son apparition et que l’instinct de survie ne reprenne le dessus. Et dans ce camp, où la vie semble s’éteindre partout, il y a une pièce où pourtant elle s’éveille : la Kinderzimmer, cette chambre des nourrissons. Cette pièce où ces petits êtres, qui naissent entre les murs du camp, sont placés. Mais là aussi, espérer semble être une utopie, tant les conditions de vie sont difficiles, tant les corps des mères souffrent et sont incapables de répondre aux besoins de leurs enfants. Tant l’espérance de vie ici aussi semble comptée. Oui, ce livre est poignant, dur, bouleversant. Mais il est grand, très grand.

« Kinderzimmer » de Valentine Goby est disponible aux éditions Actes Sud.
224 pages. Août 2013.

« Kinderzimmer » m’a été offert par Galéa et fait partie de notre « Lecture Commune sous Anxiolytiques ». Galéa a lu « Réparer les Vivants » de Maylis de Kerangal pour l’occasion (on avait besoin de s’entraider pour se mesurer à des sujets aussi délicats).

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11 réflexions sur “Kinderzimmer

    • Oui même si ça a été dur je t’avoue. Oui on a fait une LC thématique avec Galéa : la LC sous anxiolytiques, c’est un nouveau concept ;) Elle a lu « Réparer les vivants » pour l’occasion.

  1. Un grand roman, très puissant et émouvant. Je l’ai lu en audio et j’ai trouvé l’interprétation excellente : j’avais l’impression que la lectrice était le personnage de Mila. J’ai trouvé que c’était un roman dur mais aussi beau par les relations entre les femmes… Et l’horreur continue à la sortie des camps je trouve…

  2. Quel beau billet ma MArjo (je peux te dire que je ne suis pas prête de le lire celui-là, rien que la nausée à certains passages me rebutent). Excuse moi encore de n’avoir pas (encore) honoré notre rendez-vous, je suis heureuse d’être celle qui te l’a offert et je suis encore plus contente qu’il t’ait plu à ce point. Finalement avec le Kerangal, ça a été quand même les grandes lectures marquantes de l’année dernière ;-)
    Des bises ma binômette préférée

    • Oh oui, on aura eu des lectures dures, mais des lectures qui font réfléchir, qui marquent et qui sont bouleversantes. Ton billet est sublime, et je suis contente d’être celle qui t’ait offert un livre aussi marquant !

  3. Pingback: Un Paquebot dans les Arbres | Les Mots de Marjo

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