Le Roi disait que j’étais Diable

le roi disait que j'étais diable25 juillet 1137 : Aliénor d’Aquitaine épouse le roi Louis VII en la cathédrale St André de Bordeaux. Elle est belle, insoumise, révoltée, et juge piètrement cet homme qu’elle estime sans charisme et sans caractère. Mais éperdu amoureux d’Aliénor, ce roi, ancien moine, ira contre nature pour lui prouver qu’il est digne d’elle. 

Je n’ai jamais lu de roman historique. Et le Moyen-Age est loin d’être ma période de prédilection. Pourtant, ce roman sur Aliénor d’Aquitaine me tentait. Parce que c’est un personnage fort, parce qu’elle est de ma région, parce que j’ai aimé écouter Clara Dupont-Monod en parler à La Grande Librairie. Alors, oui, j’ai bien fait de le choisir pour les Matchs de la Rentrée Littéraire de PriceMinister ! Car « Le Roi disait que j’étais Diable » m’a passionnée de bout en bout. Avec style et panache, l’auteur nous entraîne à une autre époque où deux voix se font écho : celle d’Aliénor, et celle de Louis VII. Avant qu’une dernière, celle de Raymond de Poitiers, l’oncle d’Aliénor ne conclue le récit, rajoutant un soupçon de mystère à l’ensemble. Nous suivrons l’itinéraire de ce couple royal pendant près de 15 ans, à travers les grands événéments qui auront marqué leur union. A travers le regard que chacun d’eux porte sur les mêmes épisodes, mais sans que cela ne soit répétitif ou lassant.

J’ai aimé cette alternance des points de vue, où chacun se dévoile et montre plus de profondeur que ce que l’on pourrait penser. Où l’on découvre les non-dits, les batailles intérieures, les incompréhensions de ce couple. Cette haine de l’un contre l’amour de l’autre. Cette guerre de pouvoir, ou de considération, ce besoin de liberté, ou de tendresse, ce refus d’abnégation, ou cette obligation de tenir tête. Si les faits historiques sont réels, si les personnages ont vraiment existé, le traitement de l’histoire n’est que pure fiction. Un récit résolument moderne, avec un personnage de femme forte et conquérante, face à un roi plus faible (monté sur le trône par obligation suite à la mort de son frère aîné Philippe), indécis et tourmenté, que l’amour pousse à la dérive. Un roi dont la foi ardente est mise à mal par cette « diablesse » aux yeux gris et aux robes de couleurs vives. Certains jugeraient Louis VII fade (mais qu’il est difficile d’exister face au charisme et à la volonté d’une Aliénor), pour autant j’ai trouvé que l’opposition des deux personnages était plutôt réussie. Bien sûr, c’est parfois un peu simpliste, sans demi-mesure, mais c’est vivant, original, palpitant. On sent deux coeurs battre dans ces pages. En parfaite désunion. Mais avec quel souffle !

« Le Roi disait que j’étais Diable » de Clara Dupont-Monod est disponible aux éditions Grasset.
240 pages. Août 2014.

Ce livre fait partie des Matchs de la Rentrée Littéraire de PriceMinister. Nous en avons fait une lecture commune avec Fleur, et vous pouvez retrouver son avis ici.

matchsRL2014

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14 réflexions sur “Le Roi disait que j’étais Diable

  1. moi non plus je n’aime pas trop les romans historiques et le Moyen Age, mais je sens que ce livre va beaucoup me plaire! tant mieux si tu as aimé ton livre de PM, le mien m’a un peu déçue…

  2. Je comprends ce que tu veux dire quand tu trouves ça parfois simpliste. Il m’a parfois semblé que le récit aurait mérité à être moins manichéen. Parfois, on tombe presque dans « le roi c’est le gentil et la reine c’est la méchante »…
    Comme toi, le Moyen âge ne m’a jamais passionnée mais cette histoire de croisade m’a complètement fait voyager!

  3. Je passe mon tour MArjo, malgré tes éloges (et je comprends que tu aies aimé un portrait de femme puissante), car j’ai lu un billet qui pointait tout ce que je crains dans ce livre, un roman historique qui n’a d’historique que les dates, résolument anachronique et avec un style très maniéré. Je risque de m’énerver toute seule.

    • Oui je te comprends. J’y suis allée sans a priori, sans regarder la véracité du traité historique car je ne suis pas du tout spécialiste, donc c’est certain que c’était plus facile pour moi :)

  4. Je découvre ton billet et je suis entièrement d’accord avec toi. Il faut se détacher de la référence historique je pense, sans quoi, on a du mal à s’y plonger. Mais si on y arrive, c’est un très beau roman.

    • Oui c’est vrai. Et comme je suis très loin d’être spécialiste du Moyen-Age (c’est une période qui d’ordinaire ne m’attire pas du tout), je me suis plongée dedans très facilement. J’ai trouvé le traité vraiment original.

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