Le Complexe d’Eden Bellwether

eden bellwetherCambridge, 2003. Attiré par la musique émanant de la chapelle de King’s College, Oscar, jeune aide-soignant de 20 ans s’approche. Il est subjugué par le son de l’orgue, mais également pas une jeune fille dans l’assemblée, Iris Bellwether. Laquelle est la soeur de l’organiste : Eden. Ce dernier, passionné par la musique baroque, est persuadé que la musicologie a des dons hypnotiques mais qu’il peut également l’utiliser à des fins médicales. Iris ne croit pas en ces pouvoirs, et va demander à Oscar de l’aider à confondre son frère. Alors, Eden est-il un génie ou un manipulateur ?

Premier roman de Benjamin Wood, « Le Complexe d’Eden Bellwether » a été auréolé du Prix du Roman Fnac. Pourtant en lisant la quatrième de couverture, son côté mystique ne m’attirait pas vraiment. J’ai donc commencé sa lecture sans grande attente. C’est pourquoi j’ai, je pense, été très agréablement surprise ! Il faut dire que l’intrigue est particulièrement originale et qu’elle se met en place de façon plutôt fluide ; le sujet qui me rebutait au départ s’est révélé envoûtant. L’ensemble est ambitieux et l’accumulation des thématiques pourrait constituer un véritable piège (on y parle d’hypnose, d’amitié, d’amour, de famille, de maladie, de vieillesse, du monde universitaire, de psychologie, de personnalité narcissique… de quoi donner le tourni). Or je me suis laissée manipuler avec plaisir, et le tout fonctionne plutôt bien. Bien sûr ce n’est pas parfait, et la fin a un petit côté déjà-vu, manquant un peu de subtilité, mais elle ne m’a pas gâché ma lecture.

Ce que j’ai appécié également, c’est cette peinture de la vie universitaire, avec son clan de jeunes gens qui se connaissent depuis toujours, et qui pourtant semblent parfois des étrangers les uns pour les autres. Eden Bellwether agit comme une sorte de gourou sur eux : ils savent que des événements étranges sont en train de se produire, et pourtant ils le suivent sans poser de questions. Il faut dire qu’Eden est particulièrement fascinant : à la fois brillant, narcissique, souvent détestable et incompris, il oscille entre génie et folie. Mais où se situe-t-il finalement ? A-t-il vraiment le don de guérir ses pairs ou bien n’est-ce qu’une illusion, une succession de coïncidences ? On navigue d’un extrème à l’autre et j’ai aimé le regard extérieur d’Oscar, ce jeune homme plus terre-à-terre, qui  offre une nouvelle perspective. Bien sûr, des mystères subsitent sur son parcours, comme si l’abondance des sujets évoqués empêchait d’aller vers plus de profondeur. Mais il n’empêche que pour un premier roman, c’est très prometteur. Et j’ai hâte de découvrir la suite des écrits de Benjamin Wood, qui aura alors un peu plus de maturité !

« Le Complexe d’Eden Bellwether » de Benjamin Wood est disponible aux éditions Zulma.
512 pages. Août 2014.

« Le Complexe d’Eden Bellwether » a reçu le Prix du Roman Fnac 2014.

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6 réflexions sur “Le Complexe d’Eden Bellwether

  1. Bon j’attends qu’il mûrisse un peu et je le lirai alors. L’ambiance universitaire de Cambridge me plaisait beaucoup mais moins le côté mystère.

  2. On est d’accord ! j’en garde un assez bon souvenir. Là je lis « le maître des illusions » et il y a quand même une parenté très forte, presque touchante. On sent que l’auteur a essayé de faire son Dona Tartt !

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