Le Manteau de Greta Garbo

le manteau de greta garboEn décembre 2012, la garde-robe de Greta Garbo est vendue aux enchères à Los Angeles. Nelly Kaprielian achète un manteau rouge, ayant appartenu à cette icône du cinéma Hollywoodien. Les vêtements peuvent-ils raconter une histoire ? Que montrent-ils ? Ou bien, que peuvent-ils bien cacher ? 

Dans ce roman qui n’en est pas vraiment un, Nelly Kaprielian part de la vente aux enchères éparpillant aux quatre coins du monde les effets de Greta Garbo pour bâtir une réflexion sur les relations que les vêtements peuvent faire naître, ce qu’ils révèlent de nous, leur rôle social ou sentimental. C’est une accumulation d’anecdotes évoquant bien sûr Greta Garbo, mais aussi Oscar Wilde, Truman Capote, F. Scott Fitzgerald, Marlène Dietrich, Karl Lagerfeld et bien d’autres. Toutes ont en commun une analyse du corps et du vêtement. L’auteur y ajoute une évocation de sa propre vie, où il est question d’amour, de déception, d’histoire familiale, de recherche de soi. Mais le souci, c’est que Nelly Kaprielian a fini par me perdre avec ces textes cumulés les uns après les autres, où l’on passe d’une personne à une autre, parfois même où le seul pronom « elle » nous interroge : parle-t-on de Greta Garbo, de Nelly Kaprielian, de quelqu’un d’autre ? En effet, il n’y a pas forcément de liens entre les anecdotes ou d’unité d’espace-temps.

Il est bien sûr intéressant de découvrir une multitude de détails, d’avoir l’impression d’entrer dans la peau de certaines personnalités, et les réflexions de Nelly Kaprielian sont pertinentes, riches, profondes. Il y a même des moments touchants, comme celui où ces anonymes se retrouvent à Los Angeles pour la vente aux enchères et sont profondément émus et enthousiastes quand chacun repart avec les pièces souhaitées. Mais on a toujours l’impression de rester à l’écart, en dehors de ce récit, de par sa construction hybride et fragmentée, mais aussi à cause de la quantité d’informations qu’il distille. Greta Garbo semble alors n’être qu’un prétexte, apparaissant par ci, par là, pour mettre en avant Nelly Kaprielian, et faire de ce récit une sorte de psychanalyse, d’éxutoire. Récit qui vire même au roman d’anticipation dans sa conclusion, sans véritable fin. Comme si l’auteur finalement n’avait pas su comment terminer ce livre, et recherchait à recréer une unité entre les différentes anecdotes évoquées.

Laure n’a pas été enthousiaste pour cette lecture non plus, alors qu’Eva a passé un bon moment à découvrir sa multitude d’histoires.

« Le Manteau de Greta Garbo » est disponible aux éditions Grasset.
288 pages. Août 2014.

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8 réflexions sur “Le Manteau de Greta Garbo

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