Pardonnable, Impardonnable

pardonnableUn jour d’été, le petit Milo, 12 ans, quitte ses révisions d’histoire, pour partir faire du vélo avec sa tante Marguerite. Mais la vitesse, un virage, et c’est la chute, plongeant l’enfant dans le coma. Alors que toute la famille est à son chevet, cet accident fait ressortir toutes les rancoeurs, tous les secrets de ses proches. Leur amour pour Milo suffira-t-il à éviter leur déchirement ?

En refermant ce roman, je dois avouer que je suis ennuyée. J’ai le sentiment que Valérie Tong Cuong a créé une histoire forte, mais qu’elle aurait mérité de simplifier son propos. En effet, trop de surenchères, trop de grosses ficelles sont ici déployées pour me faire adhérer à son roman. A force d’en rajouter dans les malheurs, dans les secrets de famille, dans les rebondissements, elle a perdu en crédibilité, et j’ai eu l’impression d’avoir devant moi un récit surfait.  Ses personnages sombrent de plus en plus dans la caricature, avec parfois un sens de la formule exagéré. Comme s’il fallait forcément appuyer là où cela fait mal, et forcer le trait. Plus le récit avançait, plus j’ai eu du mal à croire que Milo, ce petit garçon parfait pouvait exister, ou que sa tante Marguerite, puisse vivre « normalement » suite à tant d’épreuves et de rancoeurs.

Et pourtant, davantage de simplicité n’aurait pas empêché l’émotion d’émaner de cette histoire. Car cet accident, qui cristallise toutes les peurs, fait ressurgir toutes les haines, est un élément déclencheur fort. Pour trouver forcément un responsable à ce drame, qui ne peut pas être simplement ce qu’il est : un accident que nul n’aurait pû prévoir. A travers les différents chapitres, où l’on entend tour à tour les voix de Marguerite, mais aussi de Céleste et Lino (les parents) ou encore de Jeanne (la grand-mère), chacun peut se mettre à la place des membres de cette famille, et trembler pour elle et le petit Milo. Le ballet des émotions aurait été aussi intense, car il pousse chacun à se poser la question : comment aurais-je réagi ? Aurais-je désigné un coupable ? Aurais-je pu pardonner ? Une vraie réflexion sous-jacente existe dans ce récit. Je comprends le sens du rebondissement et de la formule voulus par l’auteur pour aller plus loin dans son propos. Mais je regrette simplement de ne pas y avoir trouvé un juste équilibre.

« Pardonnable, Impardonnable » de Valérie Tong Cuong est disponible aux éditions JC Lattès.
300 pages. Janvier 2015.

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4 réflexions sur “Pardonnable, Impardonnable

  1. oui tu sais, je m’y attendais un peu à un billet de ce genre. On va se dire les choses, ce livre a été littéralement promu par les blogueurs qui l’ont reçu, j’ai toujours un a priori suite à ce genre d’événements. Je me suis engagée auprès de l’auteur à le lire, parce que je critique sans connaître (et elle a raison), mais tes bémols (qui sont quand même assez durs) me confortent dans ce que je pense.
    Je te dirais bientôt si je te rejoins ou pas.
    Des bises ma binômette

    • Oui tu me diras. J’avais envie de l’aimer ce livre, car j’en avais lu du bien, mais au fur et à mesure, ça m’a lassée cette surenchère de malheurs, tout ça manquait de naturel, c’est vraiment dommage.

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