Shakespeare

shakespearePour ce premier article d’Avril, j’ai le grand plaisir d’accueillir Valérie, notre blogueuse itinérante préférée, pour parler d’un livre coup de coeur :) Avec elle, partez à la découverte de « Shakespeare » par Peter Ackroyd. Pour en savoir plus sur l’homme qui se cache derrière l’oeuvre !

L’AVIS DE VALÉRIE
If I profane thee with my unworthiest hand
This holy shrine, the gentle sin is this:
My lips, two blushing pilgrims, ready stand
To smooth that rough touch with a tender kiss.

Il était temps que je lise cette biographie de Shakespeare qui fait référence. Et ce fut un grand plaisir pour moi de me plonger dans ce livre, autant pour ce qu’on découvre sur Shakespeare que sur le monde du théâtre sous le règne d’Elizabeth Ière et du roi James (je n’arrive pas à l’appeler Jacques), les deux souverains pour lesquels Shakespeare et sa troupe jouèrent. Peter Ackroyd ne fait pas semblant de savoir quand il n’a pas de certitude. Il nous explique ce qui est probable, en démontrant pourquoi ça l’est. J’ai donc appris que Shakespeare fut probablement clerc de notaire, qu’Anne Hathaway, sa femme, avait huit ans de plus que lui, ce qui était rare à l’époque et qu’il quitta femme et enfants pour se plonger corps et âme dans le théâtre, à Londres. Il revînt tout de même régulièrement les voir dans sa ville natale de Stratford. Huit années semblent particulièrement difficiles à combler pour ses biographes, celles entre sa vingtième et sa vingt-huitième année. Et si Shakespeare reste un mystère, c’est parce que ses contemporains ne se sont pas intéressés à sa vie et ne nous renseignent donc pas.
A lire cette biographie, on se rend compte que si Shakespeare doit sa notoriété à son talent, il a sans doute aussi bénéficié de naître au bon moment au bon endroit. Le théâtre se développait à Londres comme nulle part ailleurs en cette fin de seizième et début de dix-septième siècle.
Il y avait deux hommes en Shakespeare, l’homme d’affaire de Straford, usurier à ses heures, et le dramaturge, acteur et propriétaire de théâtre de Londres. Il mourut d’ailleurs à l’abri du besoin. L’homme de Stratford tenait beaucoup aux apparences et se battit pour obtenir un blason, comme son père l’avait fait avant lui. C’était apparemment une obsession à l’époque.

Chaque œuvre de Shakespeare est mentionnée et éclairée en mettant en relation le texte et le contexte lorsqu’il y a un lien. J’ai trouvé les passages concernant les œuvres que j’avais lues passionnants. Je vais prendre un exemple en me penchant sur ce qu’Ackroyd dit concernant Peines d’amours perdues, que j’allais lire juste après cette biographie, et qui reste une énigme. Cette pièce est écrite dans un style artificiel, proche de celui de sa poésie. C’est celle qui comporte le plus de rimes. Ackroyd dit que c’est un opéra-bouffe avant la lettre, extravagant, riche et inventif. Pour Ackroyd, c’est l’une des pièces les plus brillantes jamais écrites qui repose sur la symétrie et qui est très structurée. Cette pièce comporte des références aux campagnes militaires du comte d’Essex. Comme La Tempête et Songe d’une nuit d’été, elle ne provient d’aucune autre source alors que Shakespeare trouvait souvent son inspiration chez d’autres auteurs. Ackroyd fait remarquer que la plupart des pièces Shakespeariennes commencent in media res, c’est-à-dire comme si la conversation était déjà commencée avant le lever de rideau.
J’ai aimé qu’Ackroyd cite les vers extraits de Roméo et Juliette que je fais apprendre à mes élèves et qui sont pour moi le summum de l’art (mais vraiment en français, ça perd de son charme). Mais Ackroyd rappelle que c’est aussi le plus salace des auteurs élizabéthains.
Je ne savais pas que la division des pièces en actes et en scènes datait de 1609, quand on passa du théâtre d’extérieur à celui d’intérieur, les interludes musicaux gagnant alors en importance.

coeursJ’ai donc beaucoup appris sans m’ennuyer et c’est un livre qui devient pour moi un incontournable de ma bibliothèque.

Publié en mars 2015 chez Philippe Rey (réédition)- 672 p. Traduction : Bernard Turle.
Merci à eux et à Anne et Arnaud.

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15 réflexions sur “Shakespeare

  1. Bonjour Val (et Marjo). J’avais déjà repéré une autre biographie de Shakespeare mais je pense que je vais privilégier celle-ci (à cause de l’auteur, de ton avis et même de la maison d’édition que j’apprécie beaucoup …) ! Je me rends compte que je connais finalement peu de choses sur lui et sur cette époque …

      • Valérie, tu m’as aussi donné envie de lire cette biographie :) C’est un auteur que j’aime beaucoup, un monde et une époque qui m’intéressent :) (je sais que ce n’est pas pareil du tout, mais à Londres, on est allées voir la pièce Shakespeare in Love ;)

  2. Valérie, je te suis! J’ai aussi lu cette biographie (Ackroyd est un maître du genre) même si je connais moins que toi l’oeuvre (et la vie) de Shakespeare. Je me prépare quand même à lire Will le magnifique de Greenblatt et de voir la seconde partie de Henri VI (oui, 8 heures au moins)(je crois que ça passe à Rouen et à Paris encore)
    J’espère que ton enthousiasme conduira plus de lecteurs vers cette bio qui se lit vraiment très aisément!

    • Je l’espère aussi. Tu es une vraie courageuse, toi.
      Figure-toi que l’oeuvre, je la connais en partie bien parce que je l’ai étudiée à la fac mais sa vie, je n’en savais pas grand chose. J’ai été assez fière de moi de pouvoir apprendre à mes élèves hier que Shakespeare était un homme d’affaire qui avait réussi.

  3. Je ne méconnais que trop le grand William mais avec un amoureux prof d’anglais, je vais doucement m’y mettre. Ma dernière expérience remonte à quelques mois. J’ai eu le plaisir de voir La Mégère apprivoisée au théâtre.
    Contente de te lire (ici).

    • Merci Moka.
      C’est un beau chemin à suivre en amoureux, la découverte de Shakespeare. Et tu as forcément bon goût, à choisir un amoureux prof d’anglais. ;)

  4. Val met très rarement 5 coeurs, et c’est avec plaisir que je retrouve ses billets chez toi ma binômette, j’aime tout dans cette chronique: les deux visages d’une icônes jusqu’aux sous-textes du propos en passant par le contexte théâtral.
    je le note of course (en espérant ne pas faire une faute sur ces deux derniers mots).

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