Oona et Salinger, lu par Edouard Baer

oonasalingerLorsque Jérôme David Salinger rencontre Oona O’neill, il a tout juste 21 ans, et elle 15. Il tombe immédiatement amoureux de la jeune fille, it-girl de New York, et fille du célèbre dramaturge Eugene O’neill, prix Nobel de Littérature. Oona et Salinger débutent une amourette, bientôt stoppée par la Seconde Guerre Mondiale. Car, Salinger s’engage dans l’armée américaine et prépare le débarquement. Car Oona quitte la côte Est pour la Californie, où elle rencontrera celui qui sera son époux : Charlie Chaplin.

J’avais lu « Oona et Salinger » en septembre, et j’avoue que l’histoire m’intéressait, parce que c’est Salinger, parce que c’est les années 40, parce que c’est l’Amérique avec son côté clinquant. C’est l’évocation d’un monde à deux vitesses,  qui nous entraine dans le New York plein de paillettes et de superficialité quand de l’autre côté de l’Atlantique le monde n’était qu’un champ de ruine. C’est un roman où l’on croise, outre Oona et Salinger, Fitzgerald, Hemingway ou encore Truman Capote, où l’on cherche à comprendre l’homme derrière son mystère….

« Oona et Salinger » avait tout pour me plaire. Mais à force de phrases choc, de mièvrerie, d’humour pas toujours drôle, de dialogues mêlant français et anglais (à l’oral, cela passe encore plus mal), mais surtout en se cachant derrière Salinger pour revendiquer son droit à la jeunesse perdue, Frédéric Beigbeder m’a laissée perplexe. Pourtant il y a eu des moments plein de charme, des notes de tendresse, des remarques pertinentes et bien senties. J’ai l’impression d’être passée à côté d’un roman qui aurait pu être passionnant, si seulement son auteur avait su mieux se tenir.

Pour autant, j’aime la lecture qu’en fait Edouard Baer. Parce que j’aime sa voix, son intonation de sale gosse, où l’on décèle un sourire moqueur derrière les mots. Il nous embarque, donne un ton enlevé au récit, joue avec les mots. A l’oral, le texte passe mieux qu’à l’écrit. Mais il n’en reste pas moins que certains passages restent tout autant agaçants, et qu’Edouard Baer a beau être talentueux, il ne fait pas tout. Dommage que Frédéric Beigbeder n’ait pas la même aisance dans sa lecture : on entend en effet sa voix au début et à la fin du récit, quand il évoque les passages le concernant directement. Il n’est pas acteur, et cela se ressent. On le sent peu inspiré, même si ces passages sont très personnels. Cette deuxième lecture est intéressante, mais ne me fait malheureusement pas changer d’avis sur ce roman.

« Oona et Salinger » de Frédéric Beigbeder, lu par Edouard Baer est disponible aux éditions Audiolib.
Durée de 5h59. Novembre 2014.

« Oona et Salinger » fait partie de la sélection pour le Prix Audiolib 2015.

prixaudiolib

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5 réflexions sur “Oona et Salinger, lu par Edouard Baer

  1. Je suis tout à fait d’accord pour tes reproches, sauf qu’en plus, moi, je n’ai pas aimé la lecture de Baer! ;-) Au fait, tu as fait une LC avec Leiloona et moi sans t’en rendre compte ;-)

  2. Pingback: Prix Audiolib 2015 : les Résultats | Les Mots de Marjo

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