Constellation, lu par Bernard Gabay

constellationLe 27 octobre 1949, le Constellation à destination de New York quitte Paris. A son bord, 48 personnes embarquent pour une longue traversée au dessus de l’Attantique. Parmi eux se trouve le boxeur Marcel Cerdan ou encore la violoniste Ginette Neveu, mais aussi des bergers basques, des héritiers, des producteurs, des fils et leurs mères… Des personnes avec des rêves de gloire et de succès, des personnes qui rentrent chez elles, qui vont rendre visite à leur famille. Mais aucun d’eux n’attendra jamais New York…

Pour son premier roman, Adrien Bosc choisit de relater le terrible accident d’avion du Constellation dans l’archipel des Açores, qui coûta la vie à tous ses occupants. Un thème lourd, pesant, que l’on ressent tout au long de la lecture, faite par Bernard Gabay. D’un chapitre à l’autre, on navigue entre le récit de cet accident, où le trajet de l’avion est minutieusement reconstitué, de l’embarquement des passagers à l’enquête sur son crash. Ces chapitres sont entrecoupés des récits de ses occupants. On y découvre ainsi les circonstances qui ont amené chacun à prendre place à bord de l’avion. Des « fragments » de vie comme des milliers de points indépendants les uns des autres, qui se relient finalement entre eux, par ce dénominateur commun : le Constellation. Il y a ceux qui ont pris leur billet d’avion à la dernière minute pour rejoindre l’être aimé, comme Marcel Cerdan. Ou ceux qui ont dû laisser leur place à bord, comme l’assistant de Ginette Neveu… Tous ces destins sont cruels, car on en connaît malheureusement l’issue.

Il se dégage du coup une atmosphère très lourde. Et l’écoute du roman doit exarcéber davantage cette perception, en comparaison de l’écrit. La lecture de Bernard Gabay est sobre, comme solennelle. Le ton, le choix de la musique au début des chapitres, tout concourt à créer ce climat pesant. C’est un roman qui s’écoute par touches, car au bout d’un moment, on a besoin de respirer. D’autant plus que tout y est rapporté avec force détail. D’ailleurs, j’avoue avoir parfois décroché de mon écoute. Peut-être parce qu’il s’agit de plusieurs « fragments » de vie et que passer de l’un à l’autre peut parfois faire perdre le fil ? Peut-être parce qu’il y a besoin parfois de sortir de cette ambiance pesante ? La plume d’Adrien Bosc est plutôt fluide, précise, mais manque peut-être de sentiment. Son roman tient la route, il est intéressant, nourri, c’est une vraie grande enquête. Mais j’ai l’impression qu’il aurait pu le conclure plus rapidement, qu’il l’a laissé s’étirer trop longtemps. Et que certains passages à la fin étaient finalement peut-être de trop. Ils m’ont quelque peu déroutée car je n’ai pas compris forcément le lien avec le reste du roman. J’ai l’impression de l’auteur a voulu chercher une signification plus métaphysique à ce drame.  Ce qui n’était pas forcément utile.

« Constellation » d’Adrien Bosc, lu par Bernard Gabay est disponible aux éditions Audiolib.
Durée de 4h46. Janvier 2015.

« Constellation » a reçu le Grand Prix de l’Académie Française 2014. Il fait partie de la sélection du Prix Audiolib 2015.

prixaudiolib

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4 réflexions sur “Constellation, lu par Bernard Gabay

  1. Thème intéressant surtout en vu des événements récents mais pour moi impossible à lire il ne ferai que nourrir ma peur. Dans le thème des voyages en avion je conseille Bilbao-New York-Bilbao de Uribe ;)

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