Les douze Tribus d’Hattie

hattieCE QU’EN DIT L’ÉDITEUR
Gare de Philadelphie, 1923. La jeune Hattie arrive de Géorgie en compagnie de sa mère et de ses soeurs pour fuir le Sud rural et la ségrégation. Aspirant à une vie nouvelle, forte de l’énergie de ses seize ans, Hattie épouse August. Au fil des années, cinq fils, six filles et une petite-fille naîtront de ce mariage. Douze enfants, douze tribus qui égrèneront leur parcours au fil de l’histoire américaine du XXe siècle. Cette famille se dévoile peu à peu à travers l’existence de ces fils et de ces filles marqués chacun à leur manière par le fort tempérament de leur mère, sa froide combativité et ses secrètes failles.

12 enfants ou petits-enfants d’Hattie se relaient dans ce récit pour conter une période de leur vie. Le tout divisé en 10 chapitres. On les suit donc à différentes époques, en différents lieux, alors qu’ils font face à des crises ou des moments qui vont bouleverser leur vie. On les croise, on les découvre, puis on les perd de nouveau puisque la plume passe à un autre membre de la famille. Et on ne peut pas dire que leur vie soit facile. On ne perçoit jamais le bonheur, ce n’est qu’une succession de malheurs qui leur tombe dessus. On n’assiste qu’à la pauvreté, la maladie, la guerre, le racisme, la peur ou encore l’adultère, et la liste n’est pas exhaustive. Hattie, dont le portrait s’esquisse au fur et à mesure apparaît comme une femme froide, irascible et dure. On sent qu’elle aime ses enfants, mais que les difficultés de la vie quotidienne l’empêchent de le leur montrer. Et son mari August est perçu comme un coureur de jupons qui utilise l’argent du ménage pour le jeu et les sorties…

Alors si la plume est belle, si le récit est maîtrisé, le propos reste sombre et on a quelques difficultés à s’accrocher aux personnages. Ils existent trop par à coups et semblent être à chaque fois les propres responsables de leurs malheurs ou on a l’impression que toutes les misères du monde leur ont été distribuées… Cela fait beaucoup pour une seule famille. Même si Ayana Mathis réussit à nuancer son récit, cela manque quelque peu de subtilité. Le plus frustrant étant certainement que l’on ne sait pas ce qu’il advient des personnages : les bribes de leur vie semblent sans épilogue, sans conclusion. On les laisse à leur malheur pour aller en découvrir un autre ailleurs. Mais c’est toujours Hattie qui apparaît en filigrane dans ces histoires, qui se dévoile au fur et à mesure tant son parcours et son attitude sont marquants. Même si, au final, elle semble toujours insaisissable.

« Les douze Tribus d’Hattie » d’Ayana Mathis est disponible aux éditions Gallmeister.
313 pages. Janvier 2014.

« Les douze Tribus d’Hattie » fait partie de ma sélection pour le Mois Américain de Martine. Merci à Valérie, notre blogueuse itinérante de me l’avoir offert, après que nous avons écouté son auteur en parler au Festival America l’an dernier.

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9 réflexions sur “Les douze Tribus d’Hattie

  1. Pingback: Le mois américain – Récapitulatif | Plaisirs à cultiver

  2. Je suis tout à fait d’accord avec toi, on aurait aimé pouvoir s’attacher davantage aux personnages et la forme de ce livre ne nous le permet pas.

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