Il était une Ville

ilétaitunevilleDétroit 2008. Dans une ville devenue fantôme, plusieurs destins se croisent. Il y a Eugène, jeune ingénieur Français qui doit mettre en place un projet automobile piloté par l’Entreprise. Clarice, jeune serveuse au bar où se rend Eugène tous les soirs. L’inspecteur Brown qui enquête sur la disparition de plusieurs enfants et adolescents de la ville. Dont Charlie, un petit garçon de 12 ans que sa grand-mère recherche et qui constitue sa seule famille.

J’avais quitté Thomas B. Reverdy et ses « Evaporés » avec un sentiment de rendez-vous manqué. Je me demandais donc si « Il était une Ville » allait me réconcilier avec son auteur. On y retrouve ici aussi une ambiance de fin du monde, une ville fantôme aux maisons abandonnées, au habitants errants dans des rues vides et se réfugiant dans les derniers endroits ouverts. Il est également question de disparitions plus ou moins volontaires et d’enfants seuls au monde. On y retrouve toujours la prose de Thomas B. Reverdy, poétique, empreinte d’une certaine légèreté et délicatesse. Même si une fois encore, j’ai le sentiment qu’il met une certaine distance avec ses lecteurs. Mais pour autant, cette fois je me suis attachée à ses personnages, à leurs galères, à leurs désillusions.

Et cette ville de Détroit existe parfaitement. On la sent complètement abandonnée, elle qui fut le fief de la puissance automobile. Désormais, les entreprises ferment les unes après les autres, et les derniers employés doivent acheter des convecteurs qu’ils glissent sous leurs bureaux pour ne pas mourir de froid quand les autres étages de leurs buildings ont été vidés. Une ville où il y a tant de maisons abandonnées que les pompiers ne prennent même plus la peine d’éteindre les incendies. Que la blague à la mode consiste à dire : « que le dernier qui parte éteigne la lumière ». Et pourtant dans cette ville, il reste encore des petits moments de magie et la sensation que l’on peut y prendre un autre départ. Il se dégage une certaine lueur d’espoir dans ce roman, une petite touche de lumière. Qui ne demande qu’à grandir. Puisqu’ils y a toujours des irréductibles pour ne pas laisser la ville dans le noir.

« Il était une Ville » de Thomas B. Reverdy est disponible aux éditions Flammarion.
272 pages. Août 2015.

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4 réflexions sur “Il était une Ville

  1. J’ai largement préféré les évaporés. Celui-ci tisse des fils narratifs qui partent un peu dans tous les sens sans jamais se rejoindre, ou alors très artificiellement.

    • Comme quoi ;) Oui les fils narratifs ne se rejoignent pas forcément, mais j’avais été tellement déçue par les Evaporés, que je partais sans beaucoup d’attentes, et que ça s’est révélé une bonne surprise.

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