De si jolies Ruines

desijoliesruinesCE QU’EN DIT L’ÉDITEUR
Porto Vergogna, ce ne sont que douze maisons branlantes nichées dans les plis des falaises, sur la côte des Cinque Terre, au nord de l’Italie. Un village hors du monde, accessible seulement par la mer, où quelques familles s’accrochent à la fuite du temps. Jusqu’au jour de 1962 où une actrice américaine y débarque en déroute. Dee Moray est persuadée qu’elle souffre d’un cancer, et que sa toute jeune carrière, qui devait commencer à Rome sur le tournage de Cléopâtre, avec Liz Taylor, est déjà sur le point de s’achever. Ému par son destin, et ébloui par sa beauté, le jeune tenancier de l’unique hôtel du village en tombe aussitôt amoureux. Mais dans le sillage de la belle débarquent bientôt son insupportable producteur et l’illustre acteur Richard Burton, avec chacun leur raison de lui courir après. Entre appât du gain, amour et culpabilité, une toile de sentiments se tisse autour de la magnifique blonde… C’est le début d’une tempête d’émotions qui va balayer leurs existences et inextricablement lier leurs destins à tous.

« De si jolies Ruines » n’est pas le « chef d’oeuvre absolu » promis sur la couverture. C’est un roman qui se lit sans plus, et qui reste un peu trop long par rapport au sujet qu’il dépeint. Je dois avouer que j’ai abandonné ma lecture un certain temps, le temps de lire autre chose et d’y revenir. Car Jess Walter s’étale sur plus de 450 pages pour relater une histoire ayant eu lieu dans les années 60 et qui a des répercussions sur les protagonistes qui l’ont vécu, ou ceux qui s’y trouvent impliqués cinquante ans plus tard. Si les allers-retours entre passé et présent sont intéressants, on ne peut pas dire que le patchwork de scénario, romans, biographies et autres pièces de théâtre qui apparaissent par ci par là, apportent forcément quelque chose à l’intrigue. On a plutôt l’impression qu’ils servent à remplir des pages pour éviter à l’auteur de les placer de façon plus subtile dans le récit.

Le milieu du cinéma et ses rouages est ici intéressant. On assiste en effet aux coulisses de l’affaire Elizabeth Taylor/Richard Burton avec un prisme assez original, et on pourra sourire à la scène où le pauvre Pasquale Tursi, le gérant de l’hôtel, se retrouve embarqué sur le tournage de Cléopatre pour finir parmi les figurants. Derrière les paillettes, on découvre toute une machine. Une machine qui s’emballe et perd de sa magie de nos jours avec Claire, assistante de production, blasée et dépitée par le milieu, et son producteur, Michael Deane, dont l’angoisse de vieillir et d’être éjecté de l’usine à rêves se lit sur son visage botoxé. S’y rajoutent Shane, scénariste en devenir, et Pat, artiste en pleine rédemption. Si les personnages sont nombreux, aucun ne ressort vraiment. On lit leurs aventures et leurs déboires sans vraiment s’y intéresser. Seul Pasquale reste touchant. Dee, nous apparait davantage comme un faire-valoir autour de qui tout le monde évolue, une femme qui n’existe pas vraiment et qui subit davantage plutôt qu’elle n’agit.

De ce roman se dégage un trop plein. Trop plein de narrations, trop plein de personnages, trop plein d’effets. Cela lui donne un aspect quelque peu décousu, alors que le propos se voudrait bien plus profond que ce qu’il en laisse paraître de prime abord. Mais pourtant, une fois la dernière page tournée, il ne nous reste rien. Comme s’il s’agissait juste d’une illusion de cinéma…

« De si jolies Ruines » de Jess Walter est disponible aux éditions Fleuve.
455 pages. Août 2014.

Publicités

2 réflexions sur “De si jolies Ruines

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s