Pas Pleurer

paspleurerCE QU’EN DIT L’ÉDITEUR
Bernanos était là. Il a tout vu. La répression franquiste à Majorque, la complaisance de l’Eglise face à la barbarie des Nationalistes, la terreur exercée contre les « mauvais pauvres ». De la guerre civile, Montsé, elle, garde aujourd’hui un unique et radieux souvenir, celui de cet été 1936 ou, dans la ferveur libertaire, elle a rencontré André parmi les révolutionnaires de Barcelone. Deux récits s’entremêlent pour reconstruire cette Espagne en guerre, mais surtout ce qu’elle a laissé dans les cœurs des deux narrateurs.

Montse est la mère de Lydie Salvayre. En 1936, c’est une jeune fille pleine de vie et révoltée, qui découvre peu à peu les implications de la guerre d’Espagne et des clans qui se font face. C’est un personnage terriblement humain et attachant qui se dévoile par petits bouts et qui évolue au fur et à mesure sous la plume de sa fille. Si on la suit pendant cette période de l’histoire, Lydie Salvayre nous l’évoque aussi aujourd’hui, en s’attachant à sa façon d’être et de parler, où des expressions hispaniques et des inventions de langage jaillissent ça et là. Dans la structure, c’est vivant, c’est bien écrit. Mais il est parfois un peu difficile de suivre le récit. Car nombreux sont les paragraphes en espagnol sans traduction (désolée, j’ai fait allemand LV2), du coup j’ai dû sauter des lignes entières. Je serais bien incapable de dire ce qu’elles pouvaient apporter au récit, et du coup je ne saurais m’appesantir sur ce que je n’ai pas compris. Ensuite, les dialogues sans ponctuations sont un peu déroutants, et les passages passant de Montse à Bernanos se font souvent sans crier gare. D’ailleurs, j’ai eu du mal à rentrer dans cette partie de l’histoire, me sentant un peu déconnectée de ce qu’elle évoquait.

Et pourtant, malgré ces bémols, je dois avouer que ce roman a un certain charme. Parce qu’on le sent particulièrement personnel et qu’on y perçoit beaucoup d’amour pour son héroïne principale : son histoire, ses combats, et tout le chemin qu’elle a pu parcourir pour être la femme qu’elle est devenue. Une femme qui a du fuir son pays, sa famille et ses amis, fuir la guerre pour se retrouver, alors qu’elle n’était qu’une adolescente, en terre étrangère, seule avec un enfant en bas âge, et à la recherche de son époux, parti en éclaireur. La forme du roman m’a rendue souvent un peu perplexe (j’aime quand il y a quand même plus de structure), mais sur le fond, l’exercice est intéressant et plein d’enseignements. Je ne suis pas très familière de cette période de l’histoire espagnole (allemand LV2, rappelez-vous ;), aussi il m’a semblé parfois manquer de repères pour bien comprendre toutes les implications. Mais comme il s’agit de relater davantage les personnages et leurs relations dans un certain contexte, le récit se suit plutôt bien. Mais j’avoue que pour un Goncourt, j’en attendais certainement plus.

« Pas Pleurer » de Lydie Salvayre est disponible aux éditions Points.
264 pages. Août 2015.

« Pas Pleurer » a reçu le Prix Goncourt 2014.

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