Jeux d’Hiver

jeuxdhiverLondres, 2006. Francie est journaliste et rédige des articles sur les destinations de rêves. Lorsqu’elle se rend à Garmisch-Partenkirchen en Allemagne pour un reportage, elle est étonnée de tomber sur une photographie de sa grand-mère, Daphne Linden, prise en 1936 sur les mêmes lieux. Où elle pose avec son amie Betsy, mais aussi Hitler ! Francie décide alors d’enquêter sur cette période de la vie de Daphne. La jeune fille, à peine âgée de 18 ans, avait été envoyée en Allemagne par son universitaire de père pour y parfaire son éducation et la maîtrise de la langue. C’est là également qu’elle avait rencontré deux jeunes cousins : Siegmund et Otto qui allaient bouleverser sa vie. 

Traiter des relations anglo-allemandes au moment de la montée du nazisme en Europe est délicat. Surtout quand il faut mettre en perspective compréhension du mouvement en 1936 et recul sur les événements 70 ans plus tard. Et on ne peut pas dire que Rachel Johnson soit forcément la personne faisant le plus preuve de subtilité lorsqu’il s’agit de s’attaquer à un tel sujet. Car certains passages, certaines réflexions me semblent bien maladroites et certaines attitudes des personnages m’ont même parues incompréhensibles. Après il ne faut pas oublier que Rachel Johnson a fait sa notoriété avec « Le Diable habite à Notting Hill » où il était question de petites indiscrétions entre gens de bon voisinage, et que « Jeux d’Hiver » utilise davantage le contexte comme un prétexte servant à lever un secret de famille, plutôt qu’un vrai point sur l’Histoire.

Car ici, même si Francie enquête sur le passé de sa grand-mère et les heures troubles de l’Histoire, on la découvre également en plein questionnement affectif : doit-elle succomber à son boss alors qu’elle est mariée ? Celui-ci éprouve-t-il les mêmes sentiments pour elle ? Alors du coup, c’est un peu la chick-litt qui s’immisce de plein pied dans les heures troubles des années 30, et pour ma part, j’ai trouvé que les deux ne faisaient pas bon ménage. Le roman possède de nombreuses idées intéressantes mais j’ai davantage l’impression que la matière n’a pas été forcément bien exploitée. Ce n’est pas un livre qui est déplaisant, mais il me parait du coup bancal et certains passages me paraissent quelque peu irritants et trop cliché. C’est dommage car une autre approche lui aurait donné plus de profondeur et certainement plus de résonance.

« Jeux d’Hiver » de Rachel Johnson est disponible aux éditions Le Livre de Poche.
336 pages. Janvier 2014.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s