Otages intimes

otages intimesCE QU’EN DIT L’ÉDITEUR
Photographe de guerre, Etienne a toujours su aller au plus près du danger pour porter témoignage. En reportage dans une ville à feu et à sang, il est pris en otage. Quand enfin il est libéré, l’ampleur de ce qu’il lui reste à ré-apprivoiser le jette dans un nouveau vertige, une autre forme de péril. De retour au village de l’enfance, auprès de sa mère, il tente de reconstituer le cocon originel, un centre duquel il pourrait reprendre langue avec le monde. Au contact d’une nature sauvage, familière mais sans complaisance, il peut enfin se laisser retraverser par les images du chaos. Dans ce progressif apaisement, se reforme le trio de toujours. Il y a Enzo, le fils de l’Italien, l’ami taiseux qui travaille le bois et joue du violoncelle. Et Jofranka, l’ex petite fille abandonnée, avocate à La Haye, qui aide les femmes victimes de guerres à trouver le courage de témoigner. Ces trois-là se retrouvent autour des gestes suspendus du passé, dans l’urgence de la question cruciale : quelle est la part d’otage en chacun de nous ?

Difficile de parler de ce roman, tant il sert le coeur et tant son écriture semble non seulement au plus juste, mais également au plus profond des émotions. Jeanne Benameur laisse les mots couler, tantôt avec lenteur et langueur, tantôt avec davantage d’urgence. Cette urgence, née de l’absence de virgules et qui laisse les phrases courir. Mais courir, sans artifice, sans envolées injustifiées. Tout semble maîtrisé, mais avec un sens de la mesure parfaite. On est au plus proche des émotions. Tout semble pur, comme suspendu. On a l’impression de retenir son souffle tout au long du roman. Que Jeanne Benameur sait exprimer les gestes, les regards, les sensations avec une intimité et en même temps une universalité qui parle à tous.

Son roman est un récit qui accroche, interroge, bouleverse. Ses personnages sont attachants et savent nous captiver en quelques phrases, en quelques mots. Ils ont tous une certaine pudeur, de belles fragilités et en même temps une force hors du commun. Ils sont tous liés les uns aux autres par des fils invisibles mais indestructibles. Malgré les silences, malgré les épreuves, malgré les chemins qui se sont éloignés. Jeanne Benameur manie son récit avec une belle maitrise, une belle émotion. Il se teinte à la fois de calme et de fureur, de violence et de tendresse, de peur et d’abandon. C’est un roman qui laisse une marque forte pour le lecteur. Un roman d’une grande puissance et d’une justesse confondante.

« Otages intimes » de Jeanne Benameur est disponible aux éditions Actes Sud.
176 pages. Août 2015.

« Otages intimes » est le roman que j’ai reçu de Price Minister à l’occasion des Matchs de la Rentrée Littéraire :) #MRL15 #PriceMinister

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