Arrive un Vagabond

arriveunvagabondCE QU’EN DIT L’ÉDITEUR
C’est au cours de l’été 1948 que Charlie Beale arriva à Brownsburg. Il était chargé de deux valises – l’une contenait quelques affaires et des couteaux de boucher, l’autre une importante somme d’argent. Charlie y tomba deux fois amoureux. D’abord, il s’éprit de cette ville paisible de Virginie dont les habitants semblaient vivre dignement, dans la crainte supportable d’un Dieu qu’ils avaient toutes les raisons de trouver plutôt bienveillant à leur égard. Une preuve parmi d’autres : il n’y avait encore jamais eu de crime à Brownsburg. La deuxième fois que Charlie tomba amoureux fut le jour où il rencontra Sylvan Glass.

Dès les premières lignes, difficile de ne pas succomber au récit de Robert Goolrick. Parce qu’il sait installer une ambiance en quelques mots. Parce qu’il fait vivre des personnages qui gardent une part de mystères. Parce qu’il effleure les émotions et semble capter toutes les sensations. Parce qu’il développe une certaine cinématographie. On a l’impression d’être dans cette petite ville, de parcourir les rues, de visualiser les maisons, de sentir le vent et la poussière, de percevoir les gestes et les regards des habitants. Il se dénote un charme fou de cette écriture, et on ne peut que saluer la très belle traduction faite par Marie de Prémonville.

De ce récit simple, mais dont la langueur laisse percevoir le drame, l’auteur tisse sa toile, nous embarque dans une histoire d’amour, de jalousie, de faux-semblants. Il dévoile son jeu par à-coups, et réussit à créer un rythme propre à ce roman. S’y ressent également une certaine nostalgie qui coule tout au long de l’histoire, mais également une infinie tristesse que l’on sent poindre même à travers les sourires et les petits bonheurs. Parce que l’on sait dès le début que tout cela se terminera dans le sang et les larmes. Alors on capte chaque instant dans la crainte que tout ne bascule d’un coup.

Tout n’est pas parfait dans ce livre. Il y a des moments où les propos sont parfois un peu trop appuyés, où les mystères restent entiers et où l’on ne nous donne pas forcément d’explications (d’où vient l’argent de Charlie ? D’où vient-il réellement ?). Mais ce qu’il faut retenir avant tout de ce roman, c’est son atmosphère, complètement hypnotique. On a l’impression que le reste est un peu secondaire, et que si tout n’est pas crédible, peu importe après tout. On se laisse porter par l’écriture de Robert Goolrick, et on le suit sans se poser trop de questions. Parce que l’on s’attache à ses personnages, parce qu’on a la sensation de marcher dans leurs pas, et que l’on espère pour eux un avenir meilleur. En dépit de ce que l’on nous annonce…

« Arrive un Vagabond » de Robert Goolrick est disponible aux éditions Anne Carrière.
320 pages. Août 2012.

Comme il a reçu le Prix des Lectrices de ELLE en 2013, je l’inscris au Challenge d’Enna autour des anciens lauréats du prix.

Challenge Enna

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