Veronica

VeronicaUne journaliste française est envoyée par son « prestigieux magazine » pour couvrir un événement pour le moins étonnant : la vente aux enchères des cendres d’une actrice de l’âge d’or hollywoodien, décédée 60 ans auparavant. Cette actrice, Veronica, avait arrêté sa carrière au sommet de sa gloire. Et derrière sa disparition, se cachent de nombreux mystères. Que la journaliste est prête à résoudre.

J’avais été assez déçue par « Le Manteau de Greta Garbo », le premier roman de Nelly Kaprièlian. Mais le résumé de « Veronica » me tentant, je me suis laissée à donner une seconde chance à son auteur. Après tout, il est encore question de l’âge d’or Hollywoodien, de la recherche de la vérité qui se cache derrière le faste, les paillettes et le masque des mensonges. Tous les ingrédients étaient réunis pour me plaire. Mais une nouvelle fois, je n’ai pas accroché. Et j’ai peur que cette fois-ci, ce soit rédhibitoire.

J’ai eu du mal à rentrer dans ce roman, où je ne comprenais pas où l’auteur souhaitait nous emmener dans la première partie. Il était question de la description de la vie de Veronica, sans forcément de chronologie, ce qui n’aidait pas à la compréhension. Sans donner non plus de relief à une jeune femme qui pourtant semblait cacher bien plus de choses derrière cette longue chevelure soyeuse et ce regard intense. Et les phrases coulaient, certes, avec une certaine poésie, mais une certaine lourdeur aussi. Comme trop appliquée, voulant trop montrer son style, l’auteur semblait s’engluer dans des descriptions sans vraiment de lien et de direction.

Et puis d’un coup, vlan, comme si l’on claquait son clapet d’ordinateur d’un coup sec, le roman prend une autre direction, et l’on découvre que les pages lues jusqu’ici n’étaient que le premier jet d’un article rédigé par une journaliste sur ladite Veronica. Pour aller au-delà de ces vaines descriptions, il fallait que l’enquête sur son passé reprenne et donne une vraie matière au récit. Je me suis alors dit que l’histoire allait enfin démarrer et que l’on allait découvrir qui se cachait derrière Veronica et ses mystères. Que du noir et blanc hollywoodien, on allait passer à la couleur virevoltante et en même temps lumineuse d’une journée sous le soleil californien.

Mais l’atmosphère de cet Hollywood, à mi-chemin entre le « Mulholland Drive » de David Lynch » et « Le Dahlia Noir » de Brian de Palma, m’a gênée. J’ai l’ai senti malsaine, étouffante, galvaudée. D’autant plus que certains passages ne me semblaient pas crédibles, certaines situations complètement téléphonées. Comme si tous les personnages n’étaient que des caricatures hollywoodiennes sans aucune surprise. Comme si Nelly Kaprièlian avait pioché dans divers scénarii des éléments pour constituer son intrigue. Même la narratrice (dont nous ne saurons jamais le nom), semble avoir été repêchée du « Manteau de Greta Garbo » : un alter ego de Nelly Kaprièlian, qui nous rebalance encore les mêmes doutes et les mêmes épreuves que précédemment.

Au final, l’idée de départ était très bonne, mais je n’ai pas réussi à accrocher à la façon dont elle était exploitée. Je n’ai pas adhéré à son ambiance malsaine, et l’ensemble m’a semblé trop superficiel. Encore dommage…

« Veronica » de Nelly Kaprièlian est disponible aux éditions Grasset.
288 pages. Janvier 2016.

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2 réflexions sur “Veronica

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