Une Vie entre deux Océans

unevieCE QU’EN DIT L’ÉDITEUR
Après avoir connu les horreurs de la Grande Guerre, Tom Sherbourne revient en Australie. Aspirant à la tranquillité, il accepte un poste de gardien de phare sur l’île de Janus, un bout de terre sauvage et reculé. Là, il coule des jours heureux avec sa femme, Isabel. Un bonheur peu à peu contrarié par leurs échecs répétés pour avoir un enfant. Jusqu’à ce jour où un canot vient s’échouer sur le rivage. À son bord, le cadavre d’un homme, ainsi qu’un bébé, sain et sauf. Pour connaître enfin la joie d’être parents, Isabel demande à Tom d’ignorer les règles, de ne pas signaler « l’incident ». Une décision aux conséquences dévastatrices…

Un phare balayé par le vent et les courants marins, une petite ville de Partageuse qui a des airs de bout du monde, et où chacun se connait et s’observe, les traumatismes de la Première Guerre Mondiale encore cruellement présents. Le décor de « Une Vie entre deux Océans » est planté. On sent la force de la nature dans les pages de ce roman, comme si un véritable souffle marin se faisait entendre. On entre véritablement dans cette atmosphère, d’une grande simplicité, où l’on découvre la vie rude d’un gardien de phare et tous les sacrifices qu’il doit consentir pour remplir sa mission.

Si l’on découvre la genèse de l’histoire de Tom et d’Isabel, on se concentre surtout sur leur vie sur l’île de Janus, et on y perçoit une part de solitude, parfois même d’abandon, tant leurs retours sur le continent sont espacés et courts. Mais on ressent également toute la douleur de ce couple face à un rôle de parents qui leur est constamment refusé. Alors quand l’opportunité se présente à eux le jour où un bébé « s’échoue » sur leur île, Isabel y voit un signe divin et ne peut se dégager de ce besoin viscéral et irrationnel de le garder. Car après tout, son père est mort dans le voyage, et sa mère a certainement dû basculer par dessus bord. Qui pourrait alors réclamer cet enfant, et le priver de l’amour inconditionnel d’Isabel ? Pour Tom, cette décision ne sera que le début d’un questionnement incessant sur son bien fondé. Si son amour pour l’enfant grandit et semble tellement naturel, on le sent perdu, à la recherche d’un pardon qu’il sait impossible.

Et l’histoire se déroule, et on voit bien que cela ne peut que basculer. Que cette décision aura forcément un impact dramatique. Et l’on voit les pistes se profiler au fur et à mesure. Jusqu’au moment où tout éclate. Où il faut choisir de pardonner ou bien de se venger. Où la douleur est si forte que l’on perd prise. Les émotions des personnages sont au plus juste. On sent que M.L.Stedman maîtrise son sujet. Pour autant, sur la fin, on a l’impression qu’elle manque de solutions et qu’elle ne peut plus étirer son roman. Il faut trouver une conclusion à cette histoire. Une conclusion qui manque un peu de subtilité, et qui déçoit quelque peu par sa facilité et son air de déjà-vu. Mais il n’en reste pas moins que « Une Vie entre deux Océans » est un roman très agréable à lire, et que ses personnages, Tom Sherbourne en tête, nous emportent et nous émeuvent.

« Une Vie entre deux Océans » de M.L.Stedman est disponible aux éditions Le Livre de Poche.
528 pages. Octobre 2014.

Le livre fait l’objet d’une adaptation cinématographique, avec dans les rôles principaux Michael Fassbender, Alicia Vikander et Rachel Weisz (autant dire un casting de haute volée). Sortie prévue le 14 septembre 2016.

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