Opération Sweet Tooth

opération sweet toothLondres, début des années 70. Alors qu’elle vient juste d’être diplômée de l’université de Cambridge, Serena Frome, est engagée par le MI5. Si la jeune fille s’emploie tout d’abord à remplir des missions d’assistanat, comme le veut la tradition dans l’agence gouvernementale, elle est bientôt repérée pour une mission d’envergure : l’Opération Sweet Tooth. Elle doit recruter et suivre le parcours d’un écrivain, Tom Haley, dont l’idéologie anti-communiste doit servir les ambitions du gouvernement. Mais Serena et Tom ne tardent pas à tomber amoureux, ce qui risque de mettre en péril l’opération…

Le début de « Opération Sweet Tooth » est tout simplement addictif, et pendant près de 150 pages, on ne lâche pas Serena Frome. Jeune recrue du MI5, elle nous montre l’envers du décor d’une agence de renseignement, et les lois régissant les rapports entre les hommes et les femmes qui y travaillent. Tout le symbole d’une époque. Mais la partie antérieure à cette vie secrète est également passionnante : on y découvre Serena, étudiante malgré elle en mathématiques, elle qui se passionne pour la littérature. On y suit également ses premières relations amoureuses, dont celle avec un de ses professeurs, qui participera à son recrutement pour le MI5. Et là, on se dit que si le roman poursuit sur cette lancée, on aura droit à une nouvelle cuvée Ian McEwan de haute volée.

Et puis quand débute l’Opération Sweet Tooth en elle-même, mon intérêt a commencé à s’étioler… Peut-être parce que j’ai eu des difficultés à comprendre le bien fondé de cette opération (et je me pose encore des questions tant le raisonnement me parait obscur). Peut-être parce que je n’ai pas compris l’intérêt de lire sur des dizaines de pages les résumés des nouvelles écrites par Tom Haley (elles me donnaient l’impression de remplir des pages et que le roman s’étiolait, comme si McEwan avait du mal à y rajouter de la substance). Peut-être parce que l’opération Sweet Tooth elle-même s’est laissée distancer par la relation amoureuse de Serena, quitte à n’être plus qu’un faire-valoir dans le roman.

Ce n’est qu’à la fin, lors de la révélation finale que je me suis dit que Ian McEwan était décidemment très fort et qu’il avait bien caché son jeu. On y voit les bouleversements que l’on pressentait, mais avec un angle inédit. Cela a relevé le niveau du récit, et donne même une nouvelle clé de lecture. Comme si l’on opérait un retour en arrière en accéléré pour tout revoir avec un oeil neuf. Et comme si finalement on découvrait que l’on avait été nous-mêmes pris au piège et manipulé. Mais, sans être déplaisante à lire, il y a quand même une large partie de l’histoire pendant laquelle je n’ai pas senti la tension ou le souffle que j’attendais. Cela est bien dommage car l’intrigue et le début me faisaient trépigner d’impatience. Une lecture finalement en demi-teinte… Mais peut-être en attendais-je trop.

« Opération Sweet Tooth » de Ian McEwan est disponible aux éditions Folio.
464 pages. Octobre 2015.

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2 réflexions sur “Opération Sweet Tooth

  1. J’attendais beaucoup de ce livre et puis…je n’ai pas accroché. Il lui a manqué un je ne sais quoi d’essentiel pour en faire un bon livre. Dommage !

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