« On a tiré sur le Président »

on a tiré sur le présidentCE QU’EN DIT L’ÉDITEUR
«C’est la phrase que toute l’Amérique a prononcée le 22 novembre 1963, jour de la mort de JF Kennedy. Sur place, j’ai vécu l’événement dans les couloirs du quartier général de la police. J’ai vu Oswald, j’ai rencontré Jack Ruby, la veille du jour où il assassina Oswald. J’ai connu les flics, la presse, la confusion, le Texas, les mystères.» Philippe Labro.

J’aime généralement la plume de Philippe Labro, et le regard qu’il porte sur le monde et les événements qui s’y déroulent. On sent derrière les mots la posture du journaliste, précis, observateur, qui appuie son discours sur des faits concrets, des interviews ou encore des restitutions auxquelles il prend lui-même part. Aussi j’étais intéressée par son oeil averti sur les événements du 22 novembre 1963, lui qui est féru des Etats-Unis, et surtout grand admirateur de JFK.

La présence de Philippe Labro de l’autre côté de l’Atlantique au moment de l’assassinat de Kennedy, et sa connaissance du pays lié à son cursus universitaire sur place justifient qu’il soit envoyé à Dallas pour couvrir l’enquête et passer des jours entiers au commissariat, lieu où tout se noue. Où les enquêteurs se mêlent aux journalistes, et où les principaux suspects sont emprisonnés (Lee Oswald et Jack Ruby)… C’est cette enquête que Labro retrace ici à l’occasion des 50 ans de la mort de JFK (l’édition brochée étant publiée en octobre 2013). On pourra regretter l’opportunisme d’une telle démarche…

D’autant plus que finalement son récit ne tient pas vraiment ses promesses. J’ai apprécié la description de la situation sur place, du rôle de journaliste et de la façon dont il s’effectue dans les années 60. On ressent également l’effervescence qu’une telle tragédie a pu susciter dans le milieu. Tout comme le regard, moins compatissant de certaines classes de la population et des Texans en particulier. Mais au final, pour ceux qui se sont déjà documentés sur le sujet, rien de nouveau à l’horizon. Et surtout toute la partie « complot » semble balayée d’un revers de la main alors que plusieurs pistes sont évoquées par Labro lui-même.

Si l’ensemble est intéressant et bien écrit, j’ai regretté que le livre manque de structure, et que les chapitres soient jetés sans forcément de lien les uns avec les autres. On y parle de l’instant T, de l’après, des personnes qui ont marqué Labro, d’anecdotes qui s’enchainent sans réel fil… On s’y perd un peu, même si l’ensemble reste toujours analysé, disséqué, apportant une vision, prenant du recul sur les événements. On sent la passion de Labro pour l’homme et le pays. Il n’avait pourtant pas besoin de ponctuer son récit d’anglicismes lourds. Comme s’il cherchait à étaler ses connaissances et ses fluidités de langage, pour montrer sa supériorité sur le sujet. Dommage.

« On a tiré sur le Président » de Philippe Labro est disponible aux éditions Folio.
304 pages. Octobre 2015.

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