Une Constellation de Phénomènes vitaux

uneconstellationdephénomènesvitauxTchétchénie, 2014. En pleine guerre, Dokka est enlevé par les Russes pour ne jamais rentrer chez lui. Sa maison est brûlée. Akhmed, son voisin et ami se précipite pour sauver Havaa, la petite fille de Dokka. Pour la protéger, il la conduit auprès de Sonja, chirurgienne dans un hôpital abandonné. Lui-même médecin, il lui demande un poste. La jeune femme, résignée, accepte. Pendant cinq jours, ces personnages vont se lier et découvrir que leur passé et leur présent sont bien plus imbriqués qu’ils ne le pensent.

Premier roman d’Anthony Marra, « Une Constellation de Phénomènes vitaux » est un livre fort et poignant, justement récompensé par le Grand Prix des Lectrices ELLE 2015, dans la catégorie roman. Il permet au lecteur d’entrer de plein fouet dans un conflit contemporain et de mieux en comprendre les conséquences sur un peuple entier. Pas de manichéisme ici : les bons ont leur part d’ombre, les mauvais ont leurs circonstances atténuantes. L’auteur réussit à retranscrire des portraits d’hommes et de femmes, mais aussi d’un pays avec une belle subtilité. Les allers retours entre 1994 et 2004 permettent d’enrichir le récit et de mieux comprendre les agissements et les comportements des uns et des autres. La chronologie n’est pas forcément évidente à suivre puisque le récit n’est pas linéaire, et j’avoue avoir manqué de connaissances géopolitiques parfois, pour bien faire le lien entre les changements de périodes.

Il n’empêche que ce roman, même s’il est parfois long, est de très belle facture et mérite qu’on s’y arrête. Il est extrêmement bien documenté sur les conditions de vie et les épreuves quotidiennes subies par les civils Tchétchènes. Mais il montre également l’angoisse et la cruauté connues par des hommes, injustement livrés à « l’ennemi » russe et dont les disparitions restent souvent non élucidées pour leurs proches. Entre ceux qui résistent et ceux qui préfèrent obéir et se lier à l’autre camp, ceux qui ont perdu tout espoir et ceux qui veulent croire en un avenir meilleur et en la fin des conflits, Anthony Marra crée une galerie de personnages terriblement humains. Il réussit à générer suffisamment d’empathie pour les uns et les autres pour que l’on puisse s’attacher suffisamment à eux et espérer qu’ils réussissent à s’en sortir. Même si bien sûr, le roman semble tellement réaliste que l’on se doute bien que le happy end n’est pas de rigueur ici. « Une Constellation de Phénomènes vitaux » est un roman à découvrir, même si sa lecture est souvent rude et laisse percevoir toute la noirceur de notre époque.

« Une Constellation de Phénomènes vitaux » est disponible aux éditions Le Livre de Poche.
544 pages. Janvier 2016.

« Une Constellation de Phénomènes vitaux » a reçu le Grand Prix des Lectrices ELLE 2015, dans la catégorie roman, aussi je l’inscris au challenge d’Enna, sur les anciens lauréats du Prix.

Challenge Enna

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2 réflexions sur “Une Constellation de Phénomènes vitaux

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