Agatha Christie : le Chapitre disparu

agathachristieAngleterre, Hiver 1926. La reine du suspense, Agatha Christie, disparait pendant 11 jours. 11 jours où la police et les journalistes spéculent : assassinat, enlèvement ? Qu’a-t-il bien pu arriver à la romancière ? Cette dernière, anéantie par la relation extra-conjugale de son époux, le colonel Archibald Christie, a d’abord pensé au suicide, pour se venger de ce dernier. Avant d’organiser sa disparition et de trouver refuge dans un hôtel à Harrogate. En espérant que personne ne la reconnaisse.

Brigitte Kernel se glisse dans la peau d’Agatha Christie pour s’amuser à reconstituer, à sa façon, les 11 jours de disparition de la grande dame du polar. L’auteur s’est ainsi rendue sur les différents lieux évoqués par le roman, pour interroger les personnes concernées ou leurs descendants, se pencher sur la documentation de l’époque. Il en ressort un roman plaisant, où l’on découvre une face complètement inconnue (en ce qui me concerne) d’Agatha Christie : elle possède un côté fleur bleue et une certaine maladresse touchante, et on s’étonne de son côté un peu perdu, elle qui bâtit ses intrigues avec la plus grande maîtrise. Bien sûr, peut-être ces traits de sa personnalité sont éloignés de la réalité : ils sont d’ailleurs surprenants dans ce roman, et on a parfois l’impression que cela manque de crédibilité.

Mais l’ensemble est malin, et on prend plaisir à suivre ce chapitre inédit de la vie d’Agatha Christie. Les dialogues, comme des extraits de pièces de théâtre, entre chaque chapitre sont totalement loufoques et décalés, et ajoutent un petit grain de folie au roman, qui reste très sage par ailleurs. Certains passages sont tout simplement jubilatoires, et on s’amuse à découvrir la façon dont les rumeurs autour de la disparition d’Agatha Christie se créent et se révèlent. L’ensemble n’est pas parfait et manque parfois de cohérence et de consistance, mais on passe un agréable moment de lecture. Il s’en dégage un certain charme british et désuet, et l’époque des années 20 avec ses codes est plutôt bien restituée. C’est comme un bonbon anglais que l’on déguste avec plaisir : une charmante friandise, qui ne reste pas forcément en tête, mais qui laisse un bon souvenir et où l’on se plait à plonger.

« Agatha Christie : le Chapitre disparu » de Brigitte Kernel est disponible aux éditions Flammarion.
263 pages. Janvier 2016

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6 réflexions sur “Agatha Christie : le Chapitre disparu

  1. Je voulais le lire, et des billets plutôt négatifs m’ont découragée – J’ai lu un long article sur sa disparition, c’est quand même une histoire dingue!

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