La Route étroite vers le Nord lointain

route étroite nord lointainCE QU’EN DIT L’ÉDITEUR
En 1941, Dorrigo Evans, jeune officier médecin, vient à peine de tomber amoureux lorsque la guerre s’embrase et le précipite, avec son bataillon, en Orient puis dans l’enfer d’un camp de travail japonais, où les captifs sont affectés à la construction d’une ligne de chemin de fer en pleine jungle, entre le Siam et la Birmanie. Maltraités par les gardes, affamés, exténués, malades, les prisonniers se raccrochent à ce qu’ils peuvent pour survivre – la camaraderie, l’humour, les souvenirs du pays. Au coeur de ces ténèbres, c’est l’espoir de retrouver Amy, l’épouse de son oncle avec laquelle il vivait sa bouleversante passion avant de partir au front, qui permet à Dorrigo de subsister. Cinquante ans plus tard, sollicité pour écrire la préface d’un ouvrage commémoratif, le vieil homme devenu après guerre un héros national convoque les spectres du passé. Ceux de tous ces innocents morts pour rien, dont il entend honorer le courage. Ceux des bourreaux, pénétrés de leur « devoir », guidés par leur empereur et par la spiritualité des haïkus. Celui d’Amy enfin, amour absolu et indépassable, qui le hante toujours.

Auréolé du Man Booker Prize 2014, le récit de Richard Flanagan narre un pan peu mis en avant de l’Histoire : la construction par des prisonniers australiens d’une ligne reliant la Thaïlande (jungle dans laquelle ils survivent) à la Birmanie. Un thème que l’auteur doit à son père, ayant lui-même participé à la construction de cette dernière. Flanagan enrobe sa terrible aventure d’une histoire d’amour entre Dorrigo Evans, et Amy, la jeune épouse de son oncle. On suit en parallèle les années d’avant et d’après guerre pour mieux comprendre les destins de ces hommes, qu’ils soient australiens ou japonais. Avec des allers retours entre les différentes époques, lieux et personnages, dont on voit pointer une vision plus globale et des réflexions sur la vie, la guerre, l’amour. Un récit fort, sur un thème bouleversant, avec des scènes d’une horreur absolue relatant des faits réels et une inhumanité qui n’est malheureusement pas unique. Les passages en Thaïlande montrent non seulement des hommes qui survivent, gangrénés par la maladie, la faim au ventre, les humiliations perpétuelles de leurs geôliers, et la dureté de leur tache. Construire une voie à la force de leurs bras quand eux-mêmes sont physiquement et moralement diminués, est un châtiment continuel, dont peu survivront.

Ce récit est terrible et l’écriture de Richard Flanagan est précise et en même temps pleine d’empathie pour ces personnages. On le sent hautement investi dans son histoire, dont les liens se resserrent au fur et à mesure. Mais pour autant, j’ai l’impression de n’avoir jamais pu rentrer dans ce roman. Les cent premières pages se sont écoulées sans intérêt de ma part (je dois avouer que je ne pense pas avoir commencé ma lecture dans les meilleures dispositions). Si je me suis davantage intéressée au récit au fur et à mesure, il ne m’a jamais passionnée. J’avoue n’avoir jamais réussi à reprendre ma lecture dès que je faisais une pause. Je me suis forcée à lire de façon condensée, pour pouvoir avancer dans l’histoire, mais sans vraiment de plaisir. Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages (Dorrigo et Amy en tête) et ai même eu du mal à croire en la romance, pourtant un des points clés du roman. Peut-être le fait de mêler tant de destins sur autant d’années a rendu l’ensemble plus dilué. Pour ma part, ce fut un rendez-vous manqué avec « La Route étroite vers le Nord lointain » même si j’en distingue les qualités. Je ne l’ai peut-être pas lu au bon moment pour l’apprécier pleinement. Tout simplement.

« La Route étroite vers le Nord lointain » de Richard Flanagan est disponible aux éditions Actes Sud.
432 pages. Janvier 2016.

« La Route étroite vers le Nord lointain » a reçu le Man Booker Prize 2014. C’est une lecture que je partage avec Laure de MicMélo Littéraire. Pour découvrir son avis, c’est ici.

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5 réflexions sur “La Route étroite vers le Nord lointain

  1. Je l’avais repéré puis emprunté à la BM en anglais et je n’ai pas eu le temps de lire .. Je comprends quand tu dis parfois que nous ne sommes pas dans les meilleures dispositions mais pour autant qu’il ait fallu que tu « te forces » à chaque fois que tu reprenais la lecture, ne laisse rien présager de bon pourtant tout me tentait dans ce roman ! Mon programme déborde donc peut-être un jour …

    • Oui le sujet était intéressant, mais je n’ai jamais réussi à m’y plonger. Il faut pouvoir bien se concentrer dessus et ne pas être parasité par autre chose pour vraiment apprécier je suppose.

  2. Pingback: La route étroite vers le nord lointain - Richard Flanagan | Micmélo LittéraireMicmélo Littéraire

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