La Fille secrète

la fille secreteCE QU’EN DIT L’ÉDITEUR
Lorsque Kavita, pauvre paysanne indienne, enfante pour la deuxième fois une fille, c’est une catastrophe pour son mari et sa famille. Et, la mort dans l’âme, la jeune mère se résout à confier son nourrisson à un orphelinat. De l’autre côté de la terre, aux États-Unis, Somer et Krishnan, médecins tous les deux, elle américaine, lui indien, ne peuvent pas avoir d’enfant. Ils recueillent la fille de Kavita, la nomment Asha, lui offrent amour, éducation et avenir. Un jour, celle-ci, devenue grande, veut connaître ses origines. Sa quête ne sera pas facile et mettra en péril l’équilibre précaire de sa famille.

L’histoire de « La Fille secrète » débute en 1984 pour trouver sa conclusion en 2009. Elle suit donc la vie d’Asha, cette jeune Indienne, qui a dû être abandonnée par sa mère à sa naissance. Ce prologue permet d’évoquer le sort dramatique des petites filles, mais également celui des femmes, en Inde. Dans ce pays où l’homme est érigé en maître, les horreurs commises sur les femmes font froid dans le dos, et ce roman n’est pas le premier à les dénoncer. Il évoque également la vie de ces Indiens, prisonniers des bidonvilles grandissants, où tout espoir de vie meilleure parait si ténu qu’il faut une force hors du commun pour réussir à garder un semblant de sourire. Mais ce sont les femmes, qui insufflent ici leur dynamisme, leur pragmatisme et leur envie dans un monde qui n’en a plus. Shilpi Somaya Gowda s’intéresse donc à toutes ces filles, ces sœurs, ces mères, et semble même leur dédier son roman.

Pour autant, le roman peine à trouver son rythme : les deux cents premières pages sont, je dois l’avouer, assez ennuyeuses. On peine à s’attacher aux personnes, qui semblent assez stéréotypés. L’auteur fait des ellipses dans le temps, comme pour masquer son manque d’inspiration, et semble cocher une liste de passages obligatoires (la crise d’adolescence, la maternité avant la carrière, le rejet des parents adoptifs…). Il y a de quoi être frustré par cette matière qui nous est proposée, sans véritable profondeur. Et puis, lorsqu’Asha part un an en Inde, à la rencontre de ses origines, là, on commence enfin à s’intéresser à l’histoire de cette famille. On a l’impression que le roman démarre vraiment, et que l’auteur se positionne enfin : son plaidoyer pour les femmes fait mouche, et se révèle touchant. Bien sûr, elle cède à un final facile, mais qui contentera tout le monde. Mais surtout qui donne encore plus envie de dire à ses parents qu’on les aime.

« La Fille secrète » de Shilpi Somaya Gowda est disponible aux éditions Folio.
458 pages. Octobre 2012.

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