Derniers Feux sur Sunset

derniers feuxEn 1937, Francis Scott Fitzgerald retourne à Hollywood pour tenter d’y faire sa place en tant que scénariste, et joindre les deux bouts. La gloire et la vie fastueuse de l’auteur de « Gatsby le Magnifique » sont désormais loin derrière lui, sa fille Scottie est en pension, sa femme Zelda est internée. Seul, enchainant les désillusions, accumulant les factures, toujours miné par l’alcool et un manque d’estime de lui-même, Fitzgerald retrouve un peu de lumière quand il rencontre Sheilah Graham, une jeune journaliste, dont il tombe amoureux. Mais cela lui permettra-t-il de vaincre ses démons ?

Pour cette rentrée littéraire, ce fut une belle surprise de découvrir qu’un livre sur Fitzgerald (mon chouchou) avait été écrit. D’autant plus qu’il raconte un pan peu relayé de sa vie : ses dernières années, alors qu’il n’est plus que l’ombre de lui-même et qu’il se bat pour sa famille, son art. Un grand merci à Valérie qui avait repéré cette publication et qui m’en a tout de suite parlé, sachant que j’allais forcément être intéressée par le sujet. Bien évidemment elle a vu juste. D’ailleurs, je me suis empressée d’aller acheter le roman de Stewart O’Nan chez mon libraire et de le dévorer. Et j’ai hâte de « rencontrer » l’auteur lors du Festival America qui se déroulera à Vincennes le weekend du 10 septembre (si jamais vous me cherchez, je serai aux conférences autour de ce roman ;).

Dire que j’allais aimé ce roman d’avance est certainement vrai. Pour peu que le sujet soit bien traité et que la plume de l’auteur soit belle, il avait tous les ingrédients pour me séduire. Et d’ailleurs, Stewart O’Nan est allé au delà de mes espérances ! Pourquoi ? Parce qu’il fait palpiter sous un cœur fragile et une plume pleine de nostalgie l’âme d’un auteur, mais surtout celle d’un homme qui a tout perdu. Qui veut croire en une deuxième chance. Qui fait preuve de lucidité et d’humilité après avoir vécu le faste, les paillettes, le succès, et ses excès en tout genre. On aime Fitzgerald (même quand il est insupportable, je l’aime quand même), on lui pardonne ses fêlures et ses faiblesses. On le suit dans cette quête de la rédemption, tout en sachant qu’il ne lui reste que quelques années à vivre (il succombera à une crise cardiaque en décembre 1940, à l’âge de 44 ans).

On découvre également ce monde Hollywoodien, où Fitzgerald essaie de faire sa place, et est réduit à écrire des scénarios pour des films sans panache… Avant que le projet lui soit souvent retiré, ou qu’il n’aboutisse pas. Fitzgerald verra peu son nom au générique finalement. Dans le même temps, il est devenu un auteur oublié, qui ne vit même pas de sa gloire passée (le passage où il perçoit des droits d’auteurs, quasi inexistants, sur ses ventes en est un indicateur, tout comme celui où son interlocuteur lui dit avoir aimé ses nouvelles sans réussir à se rappeler le moindre titre). Le roman est riche de détails et d’anecdotes (vraies ? inventées ? peut importe au final) sur cet âge d’or du cinéma, d’où Fitzgerald se sent complètement exclu.

Reste la vie personnelle de l’auteur. Où là encore Fitzgerald se débat. Zelda, sa muse, n’est plus que l’ombre d’elle même et subit les ravages aussi bien psychologiques que physiques de sa maladie. Les passages où les deux époux se retrouvent évoquent toute la gêne et la maladresse de leur relation. La vie des Fitzgerald a connu la lumière la plus éblouissante. Si celle-ci a vacillé à de nombreuses reprises, elle semble complètement éteinte à présent. Ce couple, emblême de toute une époque, est tombé dans l’anonymat. Si Sheilah Graham représente une deuxième chance (un personnage de femme plus en retrait finalement, mais elle séduit par sa patience et son courage), elle ne peut pas freiner la perte de Fitzgerald. Un auteur qui revit sous la plume de Stewart O’Nan, dans ce livre à la fois élégant et pudique, empli de nostalgie. Qui démarre ma rentrée littéraire de la meilleure des façons.

« Derniers Feux sur Sunset » de Stewart O’Nan est disponible aux éditions de L’Olivier.
388 pages. Août 2016.

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10 réflexions sur “Derniers Feux sur Sunset

  1. oh quel beau billet ! et moi aussi j’adore F.S Fitzgerald ! J’ai dans ma pàl un livre de Stewart O’Nan et j’ai toujours entendu du bien de cet auteur. Bref, je note je note ! je vais sans doute aller chez mon libraire ou j’attendrai le Festival car j’y serai également ;-)

    • Merci beaucoup :) Moi aussi je l’adore et du coup je lis tout à son sujet. Première fois que je découvre la plume de O’Nan, je vais regarder ce qu’il a écrit d’autre. Ce serait chouette de se voir au Festival, j’y serai le samedi de mon côté.

      • J’ai tous ses livres et j’achète dès que je trouve. J’aime beaucoup son regard sur la société et quelle vie ! Oui, je serai au festival le vendredi et le samedi ! On pourrait se voir :-)

  2. Ah c’est bizarre, j’avais laissé un commentaire qui n’est visiblement pas passé. Je te disais qu’il était difficile de ne pas penser à toi en lisant le résumé de ce roman.

    • Oui et tu me connais bien en plus :) Tout ce qui tourne autour de Fitzgerald, j’adore (bon il y a du très bon et du moins bon aussi bien sûr, mais là, c’était parfait :) Merci beaucoup de m’en avoir informée :)

  3. Pingback: Ruler of Books Tag | Les Mots de Marjo

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