Storyteller

storytellerTom Valle est journaliste pour un petit journal local californien. Entre couverture de festivals, ou encore interview de mamies centenaires, il n’y a pas de quoi prétendre au Pulitzer. Il faut dire que Valle paie pour son passé de grand journaliste new-yorkais et ses 56 articles… basés sur des mensonges. Alors aujourd’hui, il fait profil bas. Mais quand il doit couvrir un accident de la route, dont les circonstances lui paraissent suspectes, son penchant pour l’enquête reprend le dessus… Et ce qu’il va découvrir défie l’entendement. Mais sera-t-on prêt, cette fois, à lui faire confiance ?

Dès le début du roman, James Siegel marque le ton. Il s’adresse avec la voix de Tom Valle, son héros déchu, qui s’est retranché dans une chambre de motel pour raconter son histoire. Car il sait que ses heures sont comptées, aussi il tient à tout retranscrire noir sur blanc. A tout expliquer. Sans faux-semblant. Car ce qu’il a à raconter n’est pas une histoire ordinaire. Personne ne pourrait le croire, vu son passé de journaliste menteur récidiviste. Et justement, c’est parce que son passé s’accroche toujours à ses basques, qu’il sait qu’il est tout seul dans cette galère. Qu’il est justement celui qui dénoue le noeud de l’intrigue. Car Tom Valle n’a pas été choisi au hasard.

Dès le début, on se laisse ainsi prendre par le récit. Il faut dire que le personnage de Tom Valle, malgré sa propension au mensonge, est un personnage particulièrement attachant. On prend immédiatement fait et cause pour lui. Même si l’on sait qu’il n’est pas exempt de défauts, on aime son humour, ses maladresses, et finalement aussi son honnêteté. L’affaire dans laquelle il s’engage est plutôt addictive. On sent que James Siegel sait positionner ses pions, et qu’il a travaillé son intrigue. J’avoue avoir eu du mal à lâcher ce roman, car son ton est non seulement original, mais son intrigue me surprenait de plus en plus. Et puis d’un coup, même si le plaisir de lecture était toujours là, m’est apparu le noeud de l’histoire…

Et là, je me suis un peu laissée distancer. Car James Siegel penche du côté de la conspiration d’Etat, de la grosse machination. Et même si le récit est bien tricoté, il y a certaines ficelles auxquelles je n’ai pas vraiment adhéré. Il faut dire que là, c’est complètement paranoïaque, et que l’on n’a pas de mal à imaginer dans quel bourbier notre pauvre Tom Valle s’est fourré. Mais j’ai trouvé que cela faisait trop. Trop grand peut-être. Trop difficile à croire. Mais pour autant, pour ceux qui embarquent, l’ensemble est malin, bien amené, et il y a de quoi se réjouir d’une telle audace.

« Storyteller » de James Siegel est disponible aux éditions Pocket.
480 pages. Février 2013.

« Storyteller » fait partie de ma sélection pour le Mois Américain, organisé par Martine.

mois américain

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8 réflexions sur “Storyteller

    • Bah c’est un peu pareil pour moi… autant je me suis beaucoup amusée pendant une bonne partie du livre, autant quand la conspiration s’est faite jour, j’ai un peu décroché. Trop gros pour moi (j’ai des problèmes de crédibilité avec ce genre d’histoire), donc c’est un peu dommage. Mais sinon c’est une chouette lecture.

  1. Pingback: Le mois américain 2016 – Billet récapitulatif | Plaisirs à cultiver

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