La Rage

la rageCE QU’EN DIT L’ÉDITEUR
Le procureur Teodore Szacki n’est pas au mieux de sa forme depuis qu’il a quitté Varsovie. Il se sent en perpétuel décalage, tant dans sa vie de couple que dans ses relations avec sa fille adolescente.
Est-ce pour cela qu’un jour, il ne prend pas l’exacte mesure d’une plainte pour violences conjugales ? Avec des conséquences effroyables pour l’épouse battue…Ou bien est-il simplement perturbé par une étrange enquête pour meurtre dont il a hérité – portant sur un squelette dont les os appartiendraient à plusieurs victimes… ?
Teodore Szacki va vite se rendre compte que les deux affaires pourraient être liées. La piste d’un insaisissable redresseur de torts se dessine, quelqu’un œuvre dans l’ombre, visiblement déterminé à rendre la justice pour pallier l’incurie des services de police.

Troisième opus des aventures du procureur Teodore Szacki, « La Rage » constitue également sa dernière enquête (soupir). Zygmunt Miloszewski l’avait en effet annoncé lors de son passage à Paris en janvier 2015 : il était temps pour son personnage de tirer sa révérence, dans une dernière intrigue, une dernière croisade contre le crime qui sera sa plus personnelle et la plus cruelle. Et cette dernière enquête est également l’occasion pour l’auteur polonais de changer de maison d’édition française : Fleuve Noir prend ainsi la suite de Mirobole, dans une édition particulièrement soignée (j’aime beaucoup la matière de la couverture, de la même mouture de celles des éditions Monsieur Toussaint Louverture), et dont la traduction a une nouvelle fois été confiée à l’excellent Kamil Barbarski (ouf !).

Après Varsovie et Sandormiez, Teodore Szacki a atterri à Olstyn, petite ville brumeuse, entourée par la forêt et pas moins de onze lacs. Cette nouvelle destination est encore une fois l’occasion pour Miloszewski de promener son regard lucide et désabusé sur son pays, son histoire, son architecture, sa politique et son économie. Une attitude que l’on retrouve évidemment chez son célèbre personnage. Si Szacki n’est pas forcément apprécié de tous (il garde un caractère un peu misogyne et manque souvent d’humilité), c’est un « héros » que j’ai pris plaisir à retrouver (et que pour ma part j’ai toujours aimé malgré ses défauts). D’autant plus qu’il a une intelligence hors norme, un sens du sacrifice et un côté profondément humain qui ne peuvent pas laisser indifférents. Et dans cette enquête qui se cristallise autour des violences conjugales, ses valeurs et son éthique vont être touchées. Son rôle de procureur reste aussi une vraie originalité dans le monde du polar, et sa description du milieu judiciaire polonais un labyrinthe passionnant et instructif.

Si l’intrigue prend son temps à s’installer, c’est que Zygmunt Miloszewski soigne son ambiance et ses personnages. Pour ma part, connaissant la maîtrise de l’auteur et sa facilité à me manipuler, je me suis laissée embarquer et je dois avouer que ma patience a été récompensée. Bien sûr il y a quelques éléments qui m’ont rendue un peu perplexe (dont un certain interrogatoire par une psychologue, où j’ai trouvé étonnant qu’elle passe à côté d’un détail clé) mais qui permettaient de garder le mystère jusqu’à la fin. Cela n’a néanmoins pas entaché ma lecture. La fin laisse d’ailleurs de nombreuses questions en suspend et cela peut être d’autant plus frustrant que l’on sait qu’il n’y aura pas de suite. Mais c’est là aussi une autre marque signature de Miloszewski. Il conclut ainsi sa série avec beaucoup d’intelligence, et je vais regretter de ne plus suivre les aventures judiciaires de ce procureur, qui a su trouver sa place dans le paysage littéraire et qui va me manquer !

« La Rage » de Zygmunt Miloszewski est disponible aux éditions Fleuve Noir.
537 pages. Septembre 2016.

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8 réflexions sur “La Rage

  1. Tu sais me convaincre Marjorie ! Si tu veux bien me le prêter, promis, je n’abimerai pas la couverture, je le lirai chez moi tranquillement, sans le transporter ;-)

  2. j’étais super triste quand j’ai su que c’était le dernier tome de la série ! je vais bien entendu le lire :) (je suis un peu déçue que la maison d’édition ait changé, j’adorais les couvertures de Mirobole…)

    • Oui, on ne sera jamais quelle chaise ils auraient choisie pour illustrer cette 3e couverture. Mais le livre ici est hyper quali ! Moi aussi je suis déçue de ne plus retrouver Szacki. J’espère que Miloszewski saura nous surprendre de belle façon avec son prochain (anti) héros !

  3. Dire que j’ai loupé ce billet ! j’ignorais que tu suivais cette trilogie, je connais le nom de l’auteur et l’un des titres mais j’apprends l’histoire et surtout la disparition soudaine de ton héros – trois petites tomes et puis s’en va ? J’ai presque pleuré à la fin de Wallander, et je crains d’en perdre un autre. Bref, je m’égare .. je vais noter son nom et voir si je peux dénicher le premier volume (l’an prochain …).

    • Oui je suis triste qu’il termine sa trilogie (c’était prévu comme cela depuis le début, et il n’a pas envie de faire le roman de trop, ce que je peux comprendre). En tout cas, son prochain livre sera plus thriller, et est bien avancé dans sa traduction. Ce sera différent, mais j’ai hâte de lire cela, car je suis sûre qu’il va nous étonner :)

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