L’Echange

L'échangeArgentine. A la sortie d’un bar, en plein jour, une femme menace un homme d’un revolver. Puis, elle retourne l’arme contre elle. Tout le monde conclut à un suicide, et les forces de l’ordre classent immédiatement l’affaire. Mais Guyot, journaliste dépêché sur les lieux, ne peut pas se contenter de cette simple conclusion. Il commence à mener l’enquête, s’appuyant sur certains membres de son journal et de ses relations dans la police.

« L’Echange » est un roman noir, à l’image de sa couverture, où le mystère semble s’apaissir à mesure que l’on avance dans l’intrigue, et où l’on peut se sentir parfois démuni face à une Histoire de l’Argentine complexe. Qui peut donc nous échapper pour parfaitement comprendre le noeud de cette enquête. Les dialogues sont nombreux, quitte à parfois ne plus savoir qui parle. Où les allusions se dissimulent dans les mots et entre les phrases. Mais la menace est latente. L’ambiance oppressante. L’éteau se resserre, le danger se rapproche sans cesse pour les différents protagonistes, et tant pis pour les dommages collatéraux. L’auteur dénonce un système, mais sans jamais le nommer.

Au final, son roman est prenant, fort. Car on sent que la réalité n’est jamais très loin. Que derrière ce récit se cachent les vérités d’une nation qui panse certaines plaies et ne fait pas encore le jour sur certaines horreurs. Mais en même temps, en tant que lecteur, on se sent sans arrêt dans un certain brouillard. Il manque des éléments de réponse, des précisions, pour mieux comprendre ce récit. Et les personnages gardent tous un certain mystère, ils semblent enfouir leurs secrets au plus profond d’eux-mêmes. Ils ne se dévoilent qu’à demi-mots, sans s’appesantir sur trop de détails. Or, parfois les demi-mots ne sufffisent pas. Il n’en reste pas moins que l’ensemble est glaçant et ne laisse pas indifférent. Loin de là.

« L’Echange » d’Eugenia Almeida est disponible aux éditions Metailié.
254 pages. Août 2016.

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5 réflexions sur “L’Echange

    • Je pense que je ne connais pas assez le contexte global pour me sentir vraiment happée par ce roman. Il dénonce beaucoup de choses, mais il me manque quand même pas mal de clés de lectures. Il est très complexe, notamment dans la forme. Ca n’empêche pas que cela fasse froid dans le dos.

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