Trop de Bonheur

trop de bonheurCE QU’EN DIT L’ÉDITEUR
Le temps n’efface rien. Marlene et Charlene restent hantées par un terrible secret d’enfance, Sally tremble de revoir son fils après des années de silence et Doree a changé d’identité pour oublier le passé. Fortes ou fragiles, belles ou fanées, ces femmes combattent avec courage, inlassablement, pour une accalmie dans la tempête, un instant de bonheur.

Si Alice Munro est une novelliste reconnue, son talent  a été récemment salué par le Prix Nobel de Littérature 2013. Un excellent moyen pour découvrir l’œuvre d’une auteure, large par ailleurs, mais que je ne m’étais jamais lancée à lire. C’est chose faite avec « Trop de Bonheur », regroupant 10 nouvelles se déroulant au Canada, et mettant surtout en avant des femmes. Des nouvelles au style remarquable, dont le sujet dévie parfois de son trajet initial, pour nous surprendre. Des nouvelles qui mettent en avant la finesse de l’auteur pour décrire des comportements et des émotions. Les héros de Munro ont leurs fêlures, mais ils sont terriblement humains. Pas toujours attachants cependant (la faute peut-être à ce style de récit, court). Il se dégage un certain charme de cette œuvre, liée certainement au fait que les différentes histoires semblent souvent difficiles à dater : on a l’impression alors que règne une certaine nostalgie, qu’une autre époque se fait jour.

Si j’ai beaucoup apprécié les deux premières nouvelles, « Dimensions » et « Fiction » (et la douce ironie de l’auteur sur le statut des novellistes), ainsi que « Radicaux Libres » et « Jeu d’enfant », j’ai eu plus de mal à adhérer aux autres. Il est vrai que le risque d’un recueil de nouvelles est de ne pas toujours convaincre le lecteur, qui aura plus d’affinités pour certains thèmes ou personnages. Pour ma part, il est vrai que si j’apprécie ce style littéraire, j’ai toujours des instants de vide, où j’ai hâte de passer à la prochaine nouvelle. Car si on a toujours la surprise de se laisser porter par le début d’une histoire, en se demandant où l’auteur va nous entrainer (c’est un peu une lecture à l’aveugle, les résumés de chaque nouvelle n’étant jamais présents en quatrième de couverture), on peut aussi avoir l’impression que le sujet nous échappe. Car il faut capter l’intérêt et bousculer le lecteur en peu de pages. Et qu’il est des récits pour lesquels on éprouve beaucoup moins d’intérêt, tout simplement.

« Trop de Bonheur » d’Alice Munro est disponible aux éditions Points.
400 pages. Juin 2014.

Alice Munro a reçu le Prix Nobel de Littérature 2013 pour l’ensemble de son œuvre.

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5 réflexions sur “Trop de Bonheur

  1. Très beau billet ! Je ne connais pas Munro mois qui suis fan du genre (les nouvelles) d’ailleurs j’aime beaucoup ce que tu dis sur les nouvelles : capter l’attention du lecteur en peu de pages, n’ayant aucune présentation .. c’est un exercice difficile mais il y a des génies ! Il est temps que je découvre l’auteure canadienne
    La couverture est très belle également !

    • Oui la couverture est très poétique. Après j’aime beaucoup les nouvelles, mais je suis souvent frustrée car je n’adhère pas à toutes dans un recueil et j’en ressors alors souvent mitigée.

      • Oui disons que souvent une ou deux ne nous parlent pas. Quand c’est la moitié, c’est plus grave. Mais j’adore ce genre 😊

  2. Je crois que Munroe est quelqu’un qui doit être approchée de près pour être appréciée (comme quand on l’étudie pour un concours). J’ai fini par beaucoup aimer ce qu’elle écrit, mais pas à la première lecture.

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