Sur cette Terre comme au Ciel

sur cette terreCE QU’EN DIT L’ÉDITEUR
Palerme, années 1980. Comme tous les garçons de son âge, Davidù, neuf ans, fait l’apprentissage de la vie dans les rues de son quartier. Amitiés, rivalités, bagarres, premiers émois et désirs pour Nina, la fillette aux yeux noirs qui sent le citron et le sel, et pour laquelle il ira jusqu’à se battre sous le regard fier de son oncle Umbertino. Car si Pullara, Danilo, Gerruso rêvent de devenir ouvrier ou pompiste comme leurs pères, Davidù, qui n’a pas connu le sien, a hérité de son talent de boxeur. Entre les légendes du passé et les ambitions futures, le monde des adultes et la poésie de l’enfance, c’est le destin d’une famille italienne qui est tissé ici, de l’après-guerre aux années 1990, à travers trois générations d’hommes dont le jeune Davidù incarne les rêves.

Premier roman de Davide Enia, « Sur cette Terre comme au Ciel » est un livre puissant, plein de rage et de fureur, mais aussi de tendresse. Pour un coup d’essai c’est un coup de maître (et je lui pardonne même le gros machisme sicilien, très prégnant au départ et qui commençait à me rebuter) ! A travers trois portraits d’homme (Rosario le grand-père, Umbertino l’oncle et Davidù le héros) qui se télescopent et se nourrissent, ce sont plusieurs cœurs qui battent à l’unisson dans ces pages. Trois générations d’hommes aux destins bien différents, et qui partagent une passion, une vocation commune : la boxe. Bien sûr, le fait de mêler les époques, de jouer des désordres entre les différents paragraphes pour construire la narration peut être déroutant. Mais plus on avance dans le récit, et plus il gagne en clarté. On démêle peu à peu les nœuds de l’intrigue et les relations entre les personnages.

C’est un roman d’hommes, où la femme se limite à un rôle assez stéréotypé (la mère protectrice, l’âme sœur ou la putain ! ). Mais si l’on occulte ce point-là, c’est un roman bien plus fin et sensible que ce que l’on pourrait penser au premier abord. Les personnages ont cette grâce touchante qui fait qu’on les aime malgré leurs défauts. Ils se dévoilent au fur et à mesure, et sont tous parfaitement dépeints par l’auteur. Ils sont vivants entre les lignes et les mots. L’ensemble oscille entre légèreté, humour, rage et drames de la vie. C’est généreux, percutant. Les scènes de boxe sont particulièrement visuelles et laissent même la place au suspense (le combat final en est le meilleur exemple). Les moments plus intimes sont particulièrement forts : ils regorgent de sous-entendus affectueux, de beaux moments de complicité et de sacrifice. Dans une atmosphère particulière (la violence de la Sicile et le rôle de la Mafia, ou l’horreur d’un camp de prisonniers en Afrique du Nord), qui peut être pesante, surnagent des moments de répit et de poésie. Un premier roman captivant, à découvrir sans attendre !

« Sur cette Terre comme au Ciel » de Davide Enia est disponible aux éditions Albin Michel.
398 pages. Août 2016.

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2 réflexions sur “Sur cette Terre comme au Ciel

    • J’ai eu un peu de mal au démarrage, mais après… j’ai beaucoup aimé. Surtout parce que je ne savais pas à quoi m’attendre, et que je n’avais rien lu à son sujet. Cela a été une très belle surprise :)

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