Les Vies multiples d’Amory Clay

amory-clayAu lendemain de la Première Guerre Mondiale, la jeune Amory Clay se voit offrir par son oncle Greville, un appareil photo. Ce sera son premier pas dans le monde de la photographie. Après ses études, elle assiste son oncle dans les événements mondains, avant de donner un nouvel essor à sa carrière : elle s’embarquera pour Berlin, puis New York, Paris, Saigon… Une vie trépidante où les découvertes, les échecs, l’amour, la guerre, ont une place prépondérante. Une vie riche, dont Amory se souvient et qu’elle relate dans son journal, à la fin des années 1970.

William Boyd aborde le 20e siècle par le prisme d’une photographe fictive, Amory Clay, et d’une fausse biographie qui a tous les airs d’une vraie ! Des photographies en noir et blanc parsèment ainsi son roman, pour lui donner encore plus de crédibilité (des photographies anonymes que Boyd a légendées, par souci d’authenticité, et cela fonctionne) et des personnages ayant réellement existé croisent le chemin de la jeune Amory. Et on peut dire qu’elle en aura vécu des événements, dans ce siècle intense : vie mondaine britannique, vie nocturne berlinoise, montée du fascisme en Angleterre, Deuxième Guerre Mondiale, guerre du Vietnam, mouvement hippie aux Etats-Unis… La liste est longue, et Amory Clay traverse ce siècle avec une certaine humilité, de nombreuses épreuves et erreurs à son actif. Mais c’est une femme forte, qui rebondit, se remet en cause et en danger pour prouver sa valeur. Avec de l’insouciance bien sûr à ses débuts, mais c’est ce qui la fera avancer et découvrir le monde.

Si le projet de Boyd est intéressant et fourmille de très bonnes idées, son roman manque toutefois de pep’s et de certaines aspérités. C’est parfois le reproche que je fais aux romans qui s’écoulent sur autant d’années : on a l’impression que rien ne ressort vraiment et que tout se noie dans un ensemble, riche certes, mais qui perd en intensité. Ce roman est agréable à lire et on suit avec un certain plaisir la vie d’Amory Clay. Mais je ne me suis pas vraiment attachée à elle ni aux personnages secondaires. Je n’ai pas réussi à vraiment éprouvé d’émotion pour les destins des uns et des autres (alors qu’il y avait largement de quoi faire). J’ai par exemple été très agacée par le passage où Amory part aux Etats-Unis à la recherche de sa fille, embrigadée dans un mouvement hippie sous l’autorité d’un gourou apparemment charismatique (mais pour lequel j’ai éprouvé plus de pitié qu’autre chose). Peut-être suis-je un peu passée à côté de cette histoire. Mais dans tous les cas, je ne peux que m’incliner devant le travail de William Boyd, qui a mis en lumière une femme forte et passionnée, photographe de tous les instants, dans un mimétisme de biographie très réussi et qui ne manquera pas d’interroger les lecteurs sur sa véracité.

« Les Vies multiples d’Amory Clay » de William Boyd est disponible aux éditions Points.
552 pages. Octobre 2016.

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2 réflexions sur “Les Vies multiples d’Amory Clay

  1. Je voulais le lire depuis longtemps mais j’ai vu un avis mitigé et le tien confirme certains bémols en même temps j’ai quand même envie de le lire .. demain je publie un billet où j’ai eu le même souci : pas d’attachement. Chez moi, c’est vraiment rédhibitoire – bonnes fêtes !

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