Lots of Love

lots of love« Lots of Love », qui est la façon dont Scottie, la fille de Francis Scott Fitzgerald signe ses lettres à son père, est un recueil de leur correspondance entre 1936 et 1940. D’ailleurs, la dernière lettre de Scottie est datée du jour où son père succombe à une crise cardiaque. Leurs échanges épistolaires, regroupés ici, ont lieu alors que Fitzgerald est un auteur oublié (on ne trouve plus ses romans dans les librairies américaines) qui s’est réfugié à Hollywood pour tenter de refaire surface en tant que scénariste. Lui qui vivait une vie faste, dépensant sans compter, se retrouve alors à compter chaque dollar. D’ailleurs, dans sa correspondance avec sa fille, il est beaucoup question d’argent, où certes il lui en envoie (se moquant que, si elle ne trouvait pas un billet dans l’enveloppe, son courrier n’en serait qu’à moitié intéressant), mais où il lui demande aussi de lui envoyer l’état de ses dépenses. Pour autant, si l’auteur est tombé en désuétude pour ses contemporains (soupir), dans ses lettres, il conserve un certain optimiste, accumulant les projets (il faut aussi bien payer les factures), et restant protecteur envers sa fille qu’il chérit plus que tout et auprès de laquelle il se plaint très peu de son sort.

Comme dans ses romans, ses lettres laissent transparaitre toute sa lucidité et la profondeur de ses réflexions. Il se montre même devin quand il écrit à sa fille : « Je connais trop cette manie de régaler tout le monde en accordant d’importants pourboires mais, à la fin, nous autres, les gens trop généreux, finissons par mourir de complications cardiaques, essayant de faire le bien et gratifiant des gens qui n’en valent pas la peine » (mars 1939). Il conseille beaucoup Scottie, s’appuyant sur son expérience (combien de fois ne lui conseille-t-il pas de relire ses lettres deux fois) pour la faire grandir et mûrir. Sa fille est une vraie confidente, et il admet volontiers qu’il édulcore davantage sa vie pour sa femme, Zelda, qu’il tient encore à protéger. C’est un père aimant, bienveillant, à qui Scottie se livre presque sans retenue (en bonne fille de ses parents, elle aime le faste, les soirées, et fumer des cigarettes, même si elle n’a pas encore 15 ans). C’est un père qui la guide pour ses études, et qui lui donne de nombreux conseils de lectures, d’une grande pertinence. Notamment quand il évoque l’importance des classiques, et de les lire en temps voulu pour se les approprier convenablement et sans déception.

Ce recueil nous permet d’entrer davantage dans l’intimité des Fitzgerald et de mieux comprendre les relations qui lient le père et la fille. Même si leur correspondance n’est pas exhaustive (ils font allusion à des lettres ou des événements qui sont absents ici), elle donne un aperçu de leur vie à l’époque, de leurs préoccupations. Et le prologue, rédigé par Scottie dans les années 1960 se révèle un magnifique hommage à son père. Celui qu’elle connaissait au delà de l’écrivain. Celui qu’elle aurait aimé mieux écouter pour être une meilleure personne. Celui qui l’a guidée, et dont les paroles résonnent encore longtemps en elle.

« Lots of Love » de Francis Scott Fitzgerald & Frances Scott Fitzgerald est disponible aux éditions Le Livre de Poche.
271 pages. Mai 2010.

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