Charlotte

charlotteCE QU’EN DIT L’ÉDITEUR
Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu’elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie familiale, Charlotte est exclue progressivement par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France. Exilée, elle entreprend la composition d’une oeuvre picturale autobiographique d’une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant : « C’est toute ma vie. » 

En refermant ce roman, je suis gênée… Car d’une histoire bouleversante, sur une artiste, mais surtout une femme, dont la vie fut marquée par les drames familiaux (les membres de sa famille sont dépressifs, et ont une propension marquée au suicide) et surtout par la haine grandissante des Juifs (ce qui la conduira, comme des millions d’autres, à sa mort prématurée), j’ai l’impression que David Foenkinos ne fait pas grand chose. Et pourtant l’auteur évoque à plusieurs reprises son admiration pour l’artiste, lui qui est allé à sa recherche, plus de 50 ans après sa mort. Il l’évoque en effet sporadiquement dans son roman. J’ai d’ailleurs l’impression qu’il le retranscrit de façon un peu maladroite, comme s’il ne savait pas à quel moment opportun le positionner. Mais il ne suffit malheureusement pas d’admirer quelqu’un pour lui rendre forcément justice. Car dans ce roman, point d’émotion, point de souffle, point de tension…

Cela tient peut-être au style choisi par l’auteur ici (même si souvent dans ses romans, j’ai l’impression qu’il est détaché de ses personnages, comme créant une barrière entre leurs sentiments, et ses mots sur le papier). Pour donner à Charlotte de la respiration, il choisit de revenir à la ligne après chaque phrase. Au début, j’ai pensé que cette forme permettrait de donner un certain souffle lyrique au roman. De lui donner des airs de poème, plus en prose qu’en vers. De lui donner un certain sens, et surtout une hauteur, une ambition, une émotion. Il n’en est rien. Les phrases sont courtes, comme sèches. Comme privées de toute essence, de toute sensation. On parcourt l’histoire de Charlotte Salomon plus qu’on ne la vit réellement. Rien ne semble vibrer. Pour une femme qui a tant vécu en si peu de temps. Pour une femme dont la douleur est prégnante. Pour une femme dont le grand amour semble un leurre. Et pour une femme, dont l’art représente tout son être, toute sa vie, cela est bien dommage.

« Charlotte » de David Foenkinos est disponible aux éditions Folio.
256 pages. Mai 2016.

« Charlotte » a été récompensé par le Prix Renaudot et le Prix Goncourt des Lycéens en 2015.

Publicités

10 réflexions sur “Charlotte

  1. décidément, ce roman ne laisse pas indécis : soit on adore, soit on n’aime pas du tout mais vu ton billet, je pense que si je le lisais, je me rangerais de ton avis car comme tu le sais, je n’aime pas les auteurs qui mettent de la distance, une barrière avec leurs personnages, je déteste être suspendue à les regarder d’en haut.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s