Sanditon

sanditonCE QU’EN DIT L’ÉDITEUR
En ce début du XIXe siècle où la bonne société anglaise découvre les bienfaits des bains de mer, les Parker se sont mis en tête de faire de la paisible bourgade de Sanditon une station balnéaire à la mode. Invitée dans leur magnifique villa, la jeune Charlotte Heywood va découvrir un monde où, en dépit des apparences « très comme il faut », se déchaînent les intrigues et les passions. Autour de la tyrannique lady Denham et de sa pupille Clara gravitent les demoiselles Beaufort, le ténébreux Henry Brudenall et l’étincelant Sidney Parker, peut-être le véritable meneur de jeu d’une folle ronde des sentiments. Observatrice avisée, Charlotte saura-t-elle demeurer spectatrice ? Le cœur ne va-t-il pas bouleverser les plans de la raison ?

En mars 1817, malade, Jane Austen laisse de côté le manuscrit de « Sanditon », après en avoir rédigé les 11 premiers chapitres. En juillet, elle s’éteint, laissant derrière elle une œuvre restreinte, mais ô combien qualitative et pérenne. « Sanditon » reste alors inachevé, et il faudra près de deux siècles avant qu’une autre romancière s’attelle à lui trouver une suite et une conclusion… en tentant de s’inspirer du pur style austenien, et en essayant de deviner ce que Jane Austen elle-même aurait pu rédiger. De par son œuvre, on sait Jane Austen adapte des fins heureuses, du décryptage des mœurs de la bonne société britannique, le tout enrubanné d’un ton gentiment ironique (mais toujours subtil). Il est vrai que les romans de Jane Austen sont reconnaissables entre tous, et que l’on aime particulièrement son ton, ses histoires qui semblent désuètes mais qui continuent de nous accrocher. On s’attache également à son personnage principal (féminin toujours), pour lequel on espère forcément une fin heureuse avec le beau gentleman plein d’aplomb, ou d’humour, qui sait garder son côté mystérieux tout au long du récit. Mais qui finit par se dévoiler pour conquérir le cœur de l’héroïne… et aussi celui des lectrices (Fitzwilliam Darcy, si tu m’entends ;).

A cet exercice, la romancière qui poursuit le travail de Jane Austen, s’en sort plutôt bien. On perçoit même à peine le moment où elle prend la relève. Bien sûr, elle n’a pas la même subtilité que Jane Austen, bien sûr elle a plus de mal à se dépatouiller de tous ces personnages (d’ailleurs, il n’est pas forcément aisé de bien situer tout le monde). Mais cela reste quand même agréable, même si on tique parfois à certains dialogues, certaines références ou certaines actions. Jusqu’au moment où on a l’impression que le récit lui a quelque peu échappé : elle crée un rebondissement qui semble vraiment très improbable, et même s’il a une certaine verve, il ne ressemble pas du tout à ce que l’on peut voir dans les romans de Jane Austen. Mais surtout, l’auteur donne une vision complètement différente d’un personnage phare. Son comportement est très surprenant et n’est pas en phase avec le reste. Cela gâche quelque peu l’ensemble car notre esprit se concentre sur ce point, et même si la conclusion aurait été la même avec Jane Austen, la façon dont elle s’est dessinée est loin de convaincre.

« Sanditon » de Jane Austen est disponible aux éditions Le Livre de Poche.
408 pages. Novembre 2012.

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