Avenue des Géants

avenuedesgéantsAl Kenner n’a que 15 ans lorsqu’il tue ses grands-parents, dans la ferme familiale. Parce qu’il ne supportait plus sa grand-mère et parce qu’il ne voulait pas que son grand-père se retrouve seul… Cet adolescent de 2’20m et au QI supérieur à celui d’Einstein, prend ensuite la route, avide de grands espaces. Avant de se rendre et d’être placé dans un établissement psychiatrique. Libéré quelques années plus tard, il refait alors sa vie… Mais le mal qui vit en lui est-il vraiment parti ?

Inspiré d’un personnage réel (Ed Kemper), « Avenue des Géants » est un roman qui met mal à l’aise. Par son ton glaçant et les événements qu’il relate, ce roman est sombre mais ne laisse percevoir sa noirceur qu’au fur et à mesure. Jusqu’à un final particulièrement éprouvant et sordide. D’autant plus que le ton employé est complètement froid, comme assujetti de toute émotion. La narration à la première personne permet d’entrer dans l’esprit d’Al Kenner et de suivre ses raisonnements. On sent que Marc Dugain maîtrise particulièrement son histoire et qu’il manipule avec un certain plaisir son lecteur. On a l’impression qu’il s’agit d’une histoire de rédemption avant que l’auteur ne nous scotche en nous menant dans une autre direction. C’est un film noir sur pages blanches, et l’ensemble a de quoi laisser pantois. Parce que c’est bien construit, très bien amené tout du long, parce que c’est d’une noirceur insoupçonnable. Et parce que ça laisse groggy à la dernière ligne lue.

Car même si l’auteur évoque le contexte familial difficile d’Al Kenner (abandonné par ses parents, humilié par sa mère), il ne lui cherche aucune circonstance atténuante. Les passages, où plus âgé, il est incarcéré, nous montrent son manque d’empathie et sa rudesse. On se demande tout au long du roman quel crime il a pu commettre pour être condamné à perpétuité. Sans qu’il ne semble se repentir de ses forfaits. Si Dugain se place dans la tête de son personnage avec beaucoup de talent, il est également très inspiré quand il évoque cette Amérique des années 60, ses grands espaces, ces jeunes qui se cherchent entre mouvance hippie et guerre du Vietnam. Une façon se placer ses personnages dans un contexte encore plus fort, et plus réel. Difficile de savoir ce qui est véridique ou romancé dans ce récit, mais il n’empêche qu’il est terrible et qu’il vous hante. Plus pour ce qu’il suggère que pour ce qu’il décrit. Un vrai livre noir !

« Avenue des Géants » de Marc Dugain est disponible aux éditions Folio.
432 pages. Septembre 2013.

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9 réflexions sur “Avenue des Géants

  1. oh je l’ai lu il y a longtemps et ton billet me rappelle mes sentiments lors de ma lecture ! et moi j’avais fait ma curieuse, et j’étais allée voir qui était l’homme dont Dugain s’est inspiré. Glaçant.

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