Fragments du Paradis

fragments-du-paradisCE QU’EN DIT L’ÉDITEUR
Une jeune fille calculant des stratégies subtiles pour amener à se déclarer l’homme qu’elle a choisi : voilà une situation cent fois dépeinte par la littérature et le cinéma. Mais ici il y a tout le désespoir de Yanci, la mélancolie pudique et déchirée de Fitzgerald, et l’on n’y résiste pas…
Le paradis dont parle le titre de ce livre, c’est celui de la jeunesse et des premières amours, fugace «comme un rêve dont on ne parvient plus à se souvenir». C’est celui que Val, le jeune Russe à l’existence bouleversée par la révolution de 1917, revient chercher sur la Riviera où il n’est plus qu’un chauffeur de taxi. Celui dont rêvent tant d’autres, dont les existences passent ici en quelques pages qui, à chaque fois, nous disent l’essentiel.

Disons le tout de suite : « Fragments du Paradis » est mon recueil préféré des nouvelles de F.S.Fitzgerald. Parce que l’on retrouve tout son talent, son élégance, sa subtilité, son humour pour décrire les situations et faire vivre chaque histoire et chaque personnage en peu de pages. Parce qu’il a l’art de maîtriser ce style, d’offrir des chutes toujours bien amenées, tendres, tristes ou cocasses. Parce que ses nouvelles prennent place dans un paradis perdu : entre 1900 et 1930 (même si plusieurs d’entre elles ont été écrites bien après, alors que l’auteur faisait face à des problèmes d’argent ou à une situation familiale délicate, Zelda ayant été internée). On y retrouve ainsi une certaine énergie, une ambiance joyeuse, malgré les épreuves traversées par les personnages. Il y a ce besoin que tout finisse bien, de prendre ses distances face à un présent et un réel difficiles. Il y a cette ambiance folle et tourbillonnante du début du siècle, ces attitudes un peu dépassées mais ô combien charmantes. C’est un pur bonheur de lecture, dont on se délecte page après page.

Il faut dire que ce recueil commence sous les meilleurs auspices avec ma nouvelle préférée : « Une jeune Fille très populaire » où l’on suit la jeune Yanci faire preuve de tous les subterfuges pour séduire un prétendant, alors qu’elle vient de perdre toute sa fortune. Elle doit pourtant garder la tête haute et donner l’illusion que tout va bien… C’est fait avec tellement de fraicheur et de douce ironie, que l’on ne peut que saluer le talent de l’auteur. Le reste est au même niveau (très haut, forcément ;). Et même quand Fitzgerald se promène du côté de la nouvelle policière, il le fait avec son style et son talent. Difficile de comprendre aujourd’hui comment certains de ses écrits aient pu être refusés par des magazines (au début de chaque nouvelle, l’éditeur note le contexte dans laquelle elle a été écrite, et dans quel magazine elle a été publiée), ou que l’auteur se soit retrouvé presque oublié et ruiné à la fin de sa vie. Car l’ensemble est brillant, parfaitement maîtrisé, et réconciliera quiconque avec l’art de la nouvelle.

« Fragments du Paradis » de Francis Scott Fitzgerald est disponible aux éditions Le Livre de Poche.
475 pages. Edition de mai 1996.

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