L’Enfant de l’Etranger

lenfant-de-letrangerCE QU’EN DIT L’ÉDITEUR
Tout commence en 1913, dans le jardin de la maison de campagne des Sawle dans le Middlesex. Etudiant à Cambridge, le timide George Sawle a invité aux Deux Arpents un de ses camarades, l’aristocratique et énigmatique Cecil Valance. Ces jours dans la maison familiale et le poème qu’ils inspirent à Cecil vont changer leur destin. Et plus encore celui de Daphné, la sœur de George. En ce printemps où rien n’annonce les proches bouleversements de l’Histoire, un pacte se noue secrètement entre les trois jeunes gens.

Sur près de 800 (longues) pages, Alan Hollinghurst évoque le destin d’une famille anglaise, qui se cristallise autour d’un homme, Cécil Valance. Si ce dernier ne vit, physiquement, que dans la première partie du roman, il est présent tout du long. Car ce poète, qui a légué « Deux Arpents » à la postérité, laisse derrière lui une poignée de mystères, aussi bien sur sa vie que sur son œuvre. A travers les décennies, chacun s’interroge, cherche à démêler le vrai du faux… ou à continuer à cacher ce qui ne peut être dévoilé. Car Alan Hollinghurst évoque sans ambiguïté un sujet tabou au début de XXe siècle : l’homosexualité. Il le fait avec subtilité, et fait évoluer son thème tout au long du roman, pour l’ancrer dans les différentes époques, avec des regards différents. Un thème qui se conjugue également avec la recherche de l’identité, de la mémoire, et des événements du passé. Car dans le monde littéraire qui est évoqué ici, la vie de Cécil Valance et de sa famille feront sans cesse l’objet d’articles, de romans ou encore de biographies.

Si le sujet est intéressant, il n’empêche que l’ensemble est beaucoup trop long, trop détaillé, trop redondant. Les personnages s’accumulent au fur à et mesure des époques. Il y a des passages entiers qui noient l’ensemble et ne sont pas forcément utiles. Et la toute fin donne l’impression que l’auteur ne savait pas comment terminer son récit. C’est en effet une conclusion qui n’en est pas une. Comme si les secrets qu’il avait enfouis dans son roman s’étaient révélés trop tôt (ou ayant été devinés depuis bien longtemps), et qu’il fallait quand même laisser le lecteur sur une dernière révélation. Mais pour autant, difficile de garder son intérêt tout au long du récit. Car on ne s’attache pas vraiment aux personnages. Car c’est parfois un peu décousu. L’intrigue aurait mérité d’être un peu plus épurée, les personnages peut-être mieux dégrossis. Pour un roman qui a reçu le Prix du meilleur Roman Etranger en 2013, c’est une certaine déception.

« L’Enfant de l’Etranger » d’Alan Hollinghurst est disponible aux éditions Le Livre de Poche.
Janvier 2015. 794 pages.

« L’Enfant de l’Etranger » fait partie de ma sélection pour le Mois Anglais, organisé par Chryssilda et Lou.

le mois anglais 3

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3 réflexions sur “L’Enfant de l’Etranger

  1. J’ai découvert le secret uniquement en lisant la présentation de l’éditeur .. et ton billet me conforte dans l’idée de passer mon chemin ..c’est déjà bien que tu sois allée jusqu’au bout !

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