L’Enfant du Lac

CE QU’EN DIT L’ÉDITEUR
1933, Cornouailles. Un soir de fête chez les Edevane, le petit Théo, adorable poupon de onze mois, disparaît. Les enquêteurs remuent ciel et terre, mais l’enfant demeure introuvable. Pour les parents comme pour la famille Edevane, la vie ne sera plus jamais la même après ce drame. La maison du lac, la propriété tant aimée, est fermée et laissée à l’abandon.
Soixante-dix ans plus tard, Sadie Sparrow, jeune inspectrice londonienne en vacances dans la région, s’intéresse à cette mystérieuse disparition. Elle reprend l’enquête et rouvre le dossier, les portes et les plaies, forçant les derniers secrets de la maison du lac…

Kate Morton revient avec une nouvelle aventure, où il est question de secrets de famille, d’enquête policière et d’allers retours entre passé et présent pour mieux suivre les protagonistes dans leurs quêtes. Une nouvelle fois, on se prend au jeu, on s’attache aux personnages, on s’amuse à faire des hypothèses. L’auteur sait ménager ses effets, on se laisse agréablement manipuler, même si l’ensemble traine un peu en longueur. Pourtant on ne s’ennuie jamais, comme si on était bercé par le récit. Point de tension ici, car les affaires policières sont « classées » et on a peu de risque de voir un meurtrier menacer quiconque dans la partie se déroulant au présent. Si j’avais trouvé son précédent roman « La Scène des Souvenirs » très maîtrisé, avec un rebondissement final qui tenait toutes ses promesses, ici j’ai été très déçue par le final. En effet, la résolution de l’enquête sur la disparition de Théo est vraiment trop improbable. Et les coïncidences sont tellement énormes qu’il est difficile de ne pas être agacé par cette facilité et de souligner les invraisemblances au cours du récit (on se dit qu’à ce niveau, Sadie a été bien aveugle).

Ici deux enquêtes se télescopent, mais s’imbriquent très bien ensemble : car il est question de disparition, d’enfant abandonné, de lien indéfectible entre une mère et son enfant, du poids des secrets… A ce petit jeu-là, rien de nouveau à l’horizon, mais l’ensemble fonctionne très bien. Dommage qu’on trouve le coupable de l’enquête actuelle bien avant les révélations finales. Mais pour la résolution de l’affaire Theo Evedane, le suspense est conservé intact. Cette affaire-là reste bien sûre principale dans le récit, la deuxième ne servant que de faire-valoir finalement. Mais l’auteur sait soigner son cadre et les atmosphères sont plutôt bien restituées, même si Kate Morton a un certain penchant pour le romanesque exacerbé (mais on lui pardonne volontiers). Elle met en avant un magnifique domaine dans les Cornouailles qui donne un petit côté gothique à l’ensemble. En évoquant aussi les traumatismes de la Première Guerre Mondiale, aussi bien pour les soldats mais aussi leurs proches, elle injecte davantage de profondeur à l’intrigue. Si les personnages et les époques sont nombreuses (1911, 1931-1933, 2003), on navigue avec facilité de l’une à l’autre sans perdre le fil de l’histoire. Pas étonnant, car Kate Morton est une habituée du genre. Si elle séduit une nouvelle fois par son univers, elle déçoit par un final bâclé et bien trop peu crédible pour remporter l’adhésion. Espérons qu’elle saura se rattraper pour son prochain roman :)

« L’Enfant du Lac » de Kate Morton est disponible aux éditions Pocket.
744 pages. Mai 2017.

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