Funny Girl

funny-girlBarbara n’a que 19 ans quand elle est élue reine de beauté dans sa ville de Blackpool. Mais pour cette admiratrice de Lucille Ball et de son « I Love Lucy », ce titre marque l’enfermement dans une vie qu’elle n’a pas choisi. Car Barbara n’a qu’une vocation : faire rire les gens. Son désir de devenir comédienne est si fort qu’elle lâche son titre, son père et le nord de l’Angleterre, direction Londres ! Où après des débuts difficiles, elle est engagée pour une nouvelle série de la BBC. Désormais sous le nom de Sophie Straw, elle séduit des millions de téléspectateurs devant leur petit écran chaque semaine. Clive, son partenaire dans la série, et Dennis, le producteur ne sont pas non plus insensibles à son charme. Et Bill et Tony, les deux scénaristes, font preuve de tout leur talent, pour mettre leur protégée en avant. Mais la vie d’une série, comme la vie de ses protagonistes, dans le Swinging London n’est pas faite que de comédie !

Dans « Funny Girl », Nick Hornby raconte la vie du milieu de la télévision dans le Londres des années 1960. Dans ce microcosme, on y croise acteurs, scénaristes, producteurs, directeurs de chaîne, journalistes, mais aussi le Premier Ministre, la famille des différents protagonistes, et le public qui se délecte de la série « Barbara (et Jim) » dont les héros sont Sophie et Clive. A travers cette série, ce sont de nombreux sujets qui sont mis en avant, et on s’amuse à suivre le travail de rédaction et de réalisation de cette sitcom au charme si rétro (mais très contemporaine pour l’époque). Comme si on entrait dans les coulisses, pour voir non seulement l’envers du décor mais aussi mieux comprendre ce qui se cache derrière les aspirations des différents protagonistes. C’est fait avec beaucoup de tendresse pour chacun d’eux, et on ressent comme une certaine nostalgie pour une époque où les producteurs (ou en tout cas Dennis) cherchaient à faire du divertissement de qualité et où l’humour, l’intelligence et les sujets de société (dans une société en pleine mutation) jaillissaient derrière chaque épisode.

Le roman fait la part belle aux différents personnages, où chacun trouve parfaitement sa place. Finalement cette « Funny Girl » de Sophie reste bien sûr le personnage principal, mais n’est pas forcément le plus intéressant. On pourra regretter que Nick Hornby, malgré les 400 pages de son roman, ne soit pas allé plus en profondeur pour décrire ses personnages. J’ai trouvé ainsi plus intéressants et complexes les deux scénaristes Bill et Tony. Tous deux cachent leur homosexualité (à une époque où ils auraient pu aller en prison si elle avait été découverte !) de façon complètement différente. Si le premier la vit en sous-marin, le second la noie au plus profond de lui dans un mariage avec une femme pour laquelle il éprouve seulement une belle affection. Les deux comparses sont les plus touchants du roman, et ce sont surtout ceux qui font finalement vivre tous les autres personnages. Car Sophie reste une jeune femme trop parfaite pour complètement émouvoir : trop belle, trop gentille, trop talentueuse, trop humble. Même l’épisode avec sa mère, qui a fui le domicile conjugal pendant son enfance, reste trop superficiel. Par contre, il remet au centre du récit Dennis, producteur amoureux transi et qui ne se déclare pas. Sa timidité et sa bienveillance font davantage mouche.

Ainsi, si le sujet de « Funny Girl » est intéressant et met en avant une belle galerie de personnages, il aurait pu aller plus loin dans son étude des caractères et des mœurs de l’époque. On lit avec un certain plaisir l’ensemble, même si les 400 pages semblent parfois s’étirer un peu trop. J’ai apprécié que l’auteur nous embarque dans le Swinging London, qu’il insère des vraies personnalités et des faits marquants de l’époque dans son récit (en ajoutant notamment des photos pour rendre l’ensemble plus concret et crédible). Mais j’aurais aimé le petit truc en plus pour être totalement conquise.

« Funny Girl » de Nick Hornby est disponible aux éditions Stock.
409 pages. Août 2015.

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5 réflexions sur “Funny Girl

  1. Je lis ton billet en transversale car je l’ai acheté, je crois en anglais – je ne l’ai jamais lu. J’y reviendrai, je pense le lire à la rentrée

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