Heather Mallender a disparu

Ile de Rhodes, novembre 1988. Harry Barnett, la cinquantaine tranquille, garde la villa d’Alan Dysart, ministre de la défense britannique et ami de longue date. Un jour, Heather Mallender, jeune femme anéantie par la mort de sa sœur, débarque sur l’île. Elle ne tarde pas à se lier d’amitié avec Harry. Mais au détour d’une balade, Heather disparait. Aussitôt soupçonné, Harry est bientôt relâché, faute de preuve. Ayant découvert les dernières photos prises par la jeune femme, Harry, seul au monde, décide d’enquêter. Même si pour cela, il doit se rendre en Angleterre, et vaincre de vieux démons.

« Heather Mallender a disparu » est un polar dont on sait dès les cinquante premières pages qu’il aura des ramifications politiques, et que le mystère de la disparition de la protagoniste mêlera affaires de familles et démons du passé. Il n’est pas question ici d’enquête de police ou de recherche d’un meurtrier inconnu au bataillon. Il n’est pas question de tension non plus (même si l’auteur essaie d’en distiller un peu, avec un mystérieux homme à l’imper qui suit Harry… vous avez dit cliché ?)… Le roman s’écoule à son rythme, au gré des rebondissements et des découvertes d’Harry Barnett. Si l’ensemble est plutôt bien troussé, on n’y retrouve pas non plus le sel qui fait les grands polars. Et la fin est un peu facile, si bien que l’on se demande « ah bon, tout cela pour ça ? ». Quant à la dernière page, c’est limite si elle ne tombe pas dans le ridicule. Je ne sais pas si Robert Goddard n’a pas été inspiré sur ce coup-là (je n’ai lu que « Par un matin d’automne » qui ne m’avait pas non plus convaincue), ou si ce roman est dans la même lignée que le reste.

Après bien sûr, l’ensemble ne se lit pas sans déplaisir. La recherche de la vérité offre différents niveaux de complexité dans l’élucidation du mystère Heather Mallender. Dommage que cette dernière soit quasiment absente du roman, il est alors difficile d’éprouver de l’empathie pour elle. Et si Harry n’est pas un mauvais bougre, son absence totale de jugement peut agacer le lecteur (qui aura découvert qui se cache derrière tous ces mystères bien longtemps avant la fin…). Au final, ce n’est pas un mauvais polar, mais on l’oublie sitôt lu. Pour une lecture de plage, cela passe. Mais cela reste tout de même bien long pour 600 pages.

« Heather Mallender a disparu » de Robert Goddard est disponible aux éditions Sonatine.
597 pages. Avril 2012.

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7 réflexions sur “Heather Mallender a disparu

  1. Je l’ai lu il a longtemps, je me souviens juste que j’avais bien aimé car ça se passait à Rhodes ! Je ne me souviens plus de la fin (étrangement) et que le titre sonnait bien. Bref, voilà ! 600 pages, effectivement c’est long. Ah si je l’avais lu en vacances, une période qui se prêtait bien à ce genre de lecture !

    • Oui, mais en soit, là en plus de la longueur, c’est que je n’ai pas trop accroché à son intrigue. J’ai préféré « le secret d’Edwin Strafford » par exemple (même s’il y a énormément de similitudes dans le schéma narratif et les personnages).

  2. Quant à moi, j’ai lu l’année dernière « Le Secret d’Edwin Strafford » qui se passe à Madère et qui semble avoir la même construction que celui-ci. J’étais en vacances à Madère et il a formidablement accompagné ces jours de farniente. Alors si un jour je retourne à Rhodes, j’emporterai avec moi Heather Mallender :)

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