Dimanches d’Août

dimanches-daoutCE QU’EN DIT L’EDITEUR
Pourquoi le narrateur a-t-il fui les bords de la Marne avec Sylvia pour se cacher à Nice ? D’où vient le diamant la Croix du Sud, la seule chose dure et consistante de leur vie et qui, peut-être, leur porte malheur ? De quoi est mort l’acteur populaire Aimos ? Qui sont les Neal, et pourquoi, de leur villa délabrée, s’intéressent-ils de si près à Sylvia, au narrateur, à la Croix du Sud ? Et Sylvia ? A-t-elle été l’épouse de Villecourt ? Et Villecourt ? Que vient-il faire à Nice, lui aussi, à l’heure de sa déchéance ?

Après l’envoûtant « Rue des Boutiques obscures », je me plonge à nouveau dans l’univers de Patrick Modiano, grâce à ma binomette Galéa. Et je dois avouer qu’une nouvelle fois je suis conquise par ce roman d’atmosphère, que j’imagine en noir et blanc, comme sorti d’une autre époque. Où le temps semble s’être arrêté. Où les personnages se dévoilent mais où finalement tout reste empreint de mystère, comme si un immense brouillard enveloppait le récit… Alors qu’il se déroule en août ;) Il y a un charme intemporel dans ce roman finalement. On se laisse manipuler, on sait que l’on n’aura pas toutes les clés de l’intrigue, on sait que l’on va tourner la dernière page avec de nombreuses questions en suspens. On se fait nos propres interprétations, on part à la recherche d’indices dans les rues de Nice ou bien du côté de la région parisienne (et ses bords de Marne). Des lieux que je connais plus ou moins, mais qui alors permettent de me plonger encore plus dans ce récit.

Il se dégage aussi de « Dimanches d’Août » une certaine pudeur, une certaine intimité. A lier peut-être au peu de dialogues qui parsèment l’ensemble. Les personnages semblent à la fois proches et lointains, dans leur façon d’être, dans leurs relations. Cela ajoute encore plus de mystère au roman. Une certaine langueur aussi. Finalement, Modiano joue sur les ellipses à tous les niveaux, laissant son lecteur se délecter des indices qu’il croit trouver, et de ce qui se cache derrière tous les non-dits. Ainsi la gravité des situations ne semble jamais se faire vraiment jour, même si elle existe pleinement. Elle reste masquée, prête à surgir… mais hésitante, confinée. Comme si elle rôdait telle une ombre, comme si elle enveloppait les rues de Nice, comme si elle se laissait distancer pour mieux revenir. Pour mieux nous faire frissonner.

« Dimanches d’Août » de Patrick Modiano est disponible aux éditions Folio.
185 pages. Avril 1989.

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6 réflexions sur “Dimanches d’Août

      • Oui moi aussi mais ici c’est sa manière de rester dans le « flou » de ne donner aucune clé. Je ne suis pas à l’aise quand c’est trop « ouvert » Si j’arrive à me faire comprendre !

  1. Oh mais comme je suis heureuse!!! C’est mon préféré de Modiano avec les boutiques, cela me met en joie que tu l’aies aimé, alors c’est drôle car moi quand je termine un Modiano, j’ai le sentiment d’avoir tout compris en fait, que tout se recoupe et que le dénouement est clair (c’est peut-être parce que je les ai lus plusieurs fois)
    Des bises enjouées, et merci pour ce bel article

    • Oh merci ma Galinette :) Et merci de me les avoir offerts :) Oui, pour moi il y a une part de mystère qui subsiste à chaque fois, mais peut-être que les relire m’éclairera plus, je note <3

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