Le Secret de la Manufacture de Chaussettes inusables

secretmanufactureEté 1938. La jeune Layla Beck voit sa vie oisive prendre fin quand elle défit son père, sénateur. Elle doit alors trouver un emploi. Son oncle l’intègre au Writer’s Federal Project et l’envoie à Macedonia, Virginie Occidentale, où elle doit écrire un livre pour le cent-cinquantenaire de cette petite bourgade. Layla loue une chambre chez les Romeyn, une famille bien connue de la ville, qui a vécu ses meilleures heures quand elle était à la tête de la manufacture de chaussettes Les Inusables Américaines. Elle y rencontre la tante Jottie, toujours meurtrie par la mort de son fiancé dans des circonstances troubles près de 20 ans auparavant, son frère Félix, au charme insolent et aux activités mystérieuses, ses deux nièces Willa et Bird, à l’imagination débordante, Mae et Minerva, les jumelles pleines de verve. Au fur et à mesure de ses rencontres, Layla va découvrir que les mystères de la famille Romeyn sont intimement liés non seulement à la ville mais aussi à la manufacture. 

Après « Le Cercle littéraire des Amateurs d’Epluchures de Patates » écrit à quatre mains avec sa tante Marry Ann Shaffer, Annie Barrows revient avec un nouveau roman, qui se situe toujours dans la période 1930-1940, mais cette fois elle traverse l’Atlantique pour situer son intrigue dans une petite ville américaine. Si le roman est long et prend du temps à se mettre en place, il reste néanmoins très agréable à lire. On ressent beaucoup d’humanité dans ce récit, avec des personnages qui sont attachants et que l’on prend plaisir à suivre. Bien sûr, on n’évite pas les caricatures, mais l’ensemble reste divertissant. Même si la fin traîne largement en longueur, cela n’enlève rien au charme de ce roman, un peu désuet, mais d’où ressort cette atmosphère de petite ville et d’été caniculaire.

Si on met du temps à entrer dans le récit, c’est peut-être aussi à cause de la forme qu’il prend : on y trouve des lettres entre Layla et sa famille ou ses employeurs, des extraits du livre qu’elle écrit, de la narration à la troisième personne, des retours dans le passé écrits en italique, et des passages du point de vue de Willa, cette enfant de 12 ans qui a des airs de Scout de « Ne tirez pas sur l’Oiseau moqueur » (j’ai d’ailleurs parfois eu l’impression qu’Annie Barrows lorgnait du côté de ce roman). Cette profusion de matières m’a quelque peu perturbée au départ, car je n’arrivais pas à bien comprendre ce que l’auteur voulait en faire. Et puis au fur et à mesure, tout s’est mis en place, me faisant passer un agréable moment. Pour la période estivale, « Le Secret de la Manufacture de Chaussettes inusables » a de quoi séduire, pour peu que l’on prenne le temps de s’imprégner de son atmosphère et de ses secrets de famille, dans une petite ville à l’histoire folklorique.

« Le Secret de la Manufacture de Chaussettes inusables » d’Annie Barrows est disponible aux éditions 10/18.
696 pages. Juin 2016.

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5 réflexions sur “Le Secret de la Manufacture de Chaussettes inusables

  1. Oui, décidément j’ai du mal avec les titres aussi long ! Et ce nom me disait bien quelque chose. J’avais bien aimé son précédent roman. Le format peut en effet troubler mais j’aime bien quand tout un coup tout se met en place. C’est vrai qu’il a fait peu parler de lui (personnellement je n’aime pas la couverture)

    • Ahah, non c’est vrai que la couverture n’est pas géniale. Moi aussi j’avais aimé le précédent, et c’est pour cela que j’ai remarqué celui-ci (pas sûre que j’aurais fait attention sinon ;)

      • Oui la couverture .. j’aurais tendance à fuir donc heureusement que tu as parlé de son précédent roman pour que je fasse le lien :-)

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