Mémoires d’Hadrien

mémoires d'hadrienAvant de mourir, l’empereur romain Hadrien (117-138) écrit au jeune Marc Aurèle l’histoire de sa vie. Il y inclut des réflexions sur l’amour, la mort, le pouvoir, la philosophie, le temps, l’art.  Il digresse, fait des allers retours entre passé et présent. Mais il se livre sans fard, sans  chercher à se donner le beau rôle. Pour raconter qui il est, et ce en quoi il croit.

Au collège et au lycée, j’ai étudié le latin (si si), et ce que je préférais c’était l’histoire des empereurs et la mythologie (mais bien sûr cela n’en constitue qu’une petite partie). Et justement ma prof de latin nous avait parlé de l’œuvre de Marguerite Yourcenar et de ses fameuses « Mémoires d’Hadrien ».  J’ai toujours gardé en tête l’idée de m’y plonger un jour. Bon, il m’aura fallu quand même plus de 15 ans pour le faire. Mais je pense que je serais passée totalement à côté si je les avais lues pendant mon adolescence. Car ces mémoires lorgnent vers une réflexion globale sur le monde, les hommes, l’amour, la guerre, la santé, la mort… Des thèmes plutôt philosophiques et psychologiques, avec le regard de celui qui regarde en arrière et qui fait le point sur sa vie. C’est de plus une œuvre riche, exigeante dans sa lecture, qu’il ne s’agit pas de lire en diagonale, sous peine d’en manquer l’essentiel.

Alors je dois avouer que parfois je me suis sentie perdue dans ce dédale de « personnages » qui gravitent autour d’Hadrien et que ma concentration n’a pas toujours été au beau fixe. Mais il faut admettre que l’ensemble est passionnant, richement documenté, analysé, pensé. Et quelle plume ! Marguerite Yourcenar fait parler l’empereur Hadrien d’une voix propre, on sent qu’elle s’est totalement appropriée le personnage. Je comprends mieux pourquoi on évoque la poésie à propos de ce roman. Pas un seul dialogue ne jalonne l’ensemble, mais on a l’impression d’entendre les voix de chacun. Alors bien évidemment c’est « compact », mais la langue est tellement belle que l’on se laisse emporté. D’autant plus qu’Hadrien fut un grand homme, à la fois fort, juste et sensible, et que l’on sent son cœur battre dans les mots que lui prêtent l’auteur. Il m’aura fallu du temps avant de lire ce roman, mais le voyage en valait la peine.

« Mémoires d’Hadrien » de Marguerite Yourcenar est disponible aux éditions Folio.
317 pages. Janvier 1977.

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6 réflexions sur “Mémoires d’Hadrien

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