Tous les jeunes Gens tristes

CE QU’EN DIT L’ÉDITEUR
Quelques semaines après la sortie de « Gatsby le magnifique », Francis Scott Fitzgerald entreprend de rassembler les neuf nouvelles qui constituent ce recueil. Les thèmes qu’il aborde alors sont récurrents dans son œuvre : les problèmes de couple, le jeune homme pauvre et la jeune fille riche, la construction de la personnalité, les rapports entre l’argent et l’amour. Mais l’approche de ces personnages est sensiblement différente de ses précédents textes. La coquette épouse frivole, la vamp ne règnent plus sur la scène mondaine et domestique du théâtre fitzgéraldien. Dans le couple constitué ou en voie de formation, c’est l’homme désormais qui détient le pouvoir et détermine le cours des choses, usant de vertus simples mais efficaces : la candeur, la sincérité du sentiment, le bon sens, la bonté ou encore la fidélité. Dans les histoires de ce recueil, ces attributs suffisent à venir à bout, sans violence, des égoïsmes les plus ravageurs des jolies jeunes femmes comme des aléas du destin.

Ils sont beaux, ils sont riches, ils sont jeunes… Et pourtant il manque quelque chose à leur vie pour être totalement heureux. Dans ce recueil, Fitzgerald met en avant des hommes, qui canalisent les émotions et les comportements de leurs compagnes ou des jeunes filles dont ils tombent amoureux. Ils sont vus comme des hommes réconfortants sur lesquelles ces dernières peuvent s’appuyer. On perçoit alors peut-être le besoin sous-jacent de Fitzgerald d’être en soutien de sa femme Zelda, d’être celui qui porte leur couple, celui qui sait réconforter et à qui on peut faire confiance. Mais dans l’univers fitzgeraldien, il faut savoir lire entre les lignes, et connaitre la vie de l’auteur pour savoir qu’il met beaucoup de lui-même dans ses écrits. Il s’inspire de lui, de sa femme Zelda, de leurs amis, pour créer ses nouvelles. Si dans ce recueil, il donne à l’homme souvent le beau rôle, il n’est pas certain que ce fut le cas dans la réalité (mais comme dans les biographies des Fitzgerald, il y a les pro-Scott et les pro-Zelda, difficile de démêler le vrai du faux).

Ici, comme avec son habitude, Fitzgerald s’exprime avec style, à la fois avec dérision et mélancolie, appliquant une touche plus profonde à ses récits que ce que l’on pourrait croire au premier abord. Fitzgerald est un homme intelligent, particulièrement lucide et observateur. Un homme qui cherche à prendre sa place dans le monde, et dont le désir de réussir n’est peut-être que celui de prendre sa revanche sur la vie. Si la sienne fut riche et mouvementée (et même souvent romancée), son œuvre l’est également. On retrouve des thèmes récurrents dans ses nouvelles, des sujets qui peuvent se ressembler, mais le moment ou le lieu où Fitzgerald les rédige leur donne une touche toujours différente. Sur des personnages de flappers (que l’on pourrait traduire par « garçonnes », même si ce n’est pas tout à fait pareil), il a pu passer du pur amusement à une certaine tristesse. Les ressorts dramatiques se font plus cruels. Même si la fin n’est pas tragique, on sent ici que quelque chose s’est brisé, que Fitzgerald a mûri et que la vie aussi s’est chargée de lui faire voir le monde différemment.

« Tous les jeunes Gens tristes » de Francis Scott Fitzgerald est disponible aux éditions Gallimard.
308 pages. Edition de mai 2013.

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